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Blog d'Olivier Issaly

Pourquoi respecter les feux à vélo

Oui je sais, c’est une obligation légale, on ne devrait même pas avoir à évoquer des raisons de la respecter. Pour ma part, cela fait un peu plus de deux ans que j’ai décidé de ne plus griller les feux*, et je n’y vois que des avantages.

Mais je dois bien avouer que je me sens souvent seul au feu, voire un peu bête, la majorité des cyclistes les grillant. Ce n’est pas une question d’âge ni de matériel utilisé ni de type de carrefour, c’est juste généralisé, soyons honnêtes…

Alors voilà à l’usage quelques bonnes raisons de reconsidérer cette mauvaise habitude.

Réduire l’effort

À vrai dire, c’est la première raison qui m’a incité à respecter les feux. J’ai un vélo classique, mécanique, et en plus je ne peux m’empêcher de me donner à fond en vélo. Autant dire que le problème de la transpiration s’est vite posé. J’ai commencé par m’équiper d’un porte bagage pour éviter le sac à dos qui amplifie le problème mais ça ne suffit pas.

Respecter les feux est venu naturellement, car ça me permet de marquer des poses. Je souffle un peu et j’évite de trop transpirer ainsi. Accessoirement, ça permet de vérifier l’itinéraire sur son téléphone en toute sécurité, au lieu de le faire en roulant (oui, ça m’arrivait aussi).

Être en sécurité

On me rétorque souvent que faire du vélo en ville, en particulier dans Paris, est dangereux. La première réponse à cela est qu’en respectant le code de la route, on se retrouve bien moins souvent dans des situations dangereuses. Étonnant non ?

Fini les situations au milieu d’un carrefour, avancé sur les passages piétons au delà du feu, à jouer avec le pédalier pour pas remettre pied à terre, en attendant de trouver un moment pour se glisser entre deux flots de voitures. Les stops sont aussi étrangement bien moins dangereux quand on a marqué l’arrêt et pris le temps de regarder si d’autres usagers arrivaient.

Apprécier l’architecture

Je fais beaucoup de vélo dans Paris, et la première chose qui m’a frappé en m’arrêtant au feu, c’est l’architecture des immeubles. Pendant quelques dizaines de secondes, vous pouvez lever la tête, et observer les façades d’immeubles.

Et il y a bien plus de détails qu’on ne l’imagine quand on se contente de regarder le bas des immeubles. Je pense en particulier aux ornements bien sûr, au subtil mélange de matériaux parfois ou encore mon préféré, les frontons portant des inscriptions. On a vite fait de replonger dans l’histoire de Paris, quand on voit que les immeubles furent bâtis pour telle société d’ouvrier, pour telle fondation, pour telle communauté ou syndicat, etc.

Avoir la conscience tranquille

Comme on dit, il faut savoir balayer devant sa porte. Alors si vous voulez critiquer librement les autres usagers qui ne respectent pas toujours le code de la route, le mieux est de commencer par le respecter soi-même, et avoir ainsi la conscience tranquille !

L’autre avantage, c’est qu’ainsi vous donner une meilleure image des cyclistes, qui ne sont pas plus au dessus des lois que les autres. Ma bonne action préférée est de m’arrêter au passage piéton, celui sans feu où personne ne s’arrête. Les piétons sont en général tellement agréablement surpris, ça vaut bien un coup de pédale supplémentaire pour repartir !

Ne pas faire aux autres ce qui vous ferait peur

Les cyclistes sont prompts à défendre leurs droits, notamment que leurs pistes cyclables ne soient pas utilisées par les autres usagers, ou qu’on ne les mette pas en danger en les doublant.

En respectant les feux, vous permettez aux piétons de traverser en toute sécurité, sans avoir à se demander si un vélo (ou autre usager) ne va pas les mettre en danger. Ne faites pas aux usagers plus vulnérables que vous, ce qui vous ferait peur de la part d’usagers moins vulnérables (auto, moto, scooter, etc.).


Encore une fois, la meilleure attitude est de considérer que la loi est ainsi, et qu’il faut la respecter. Elle permet à tous les usagers de profiter des mêmes infrastructures en toute quiétude. On en est loin à Paris, je sais, mais on peut rêver 🙂

* fiable à 99%, j’ai des moments de faiblesse encore…

Découverte du Bleisure

En ce jour férié dédié au travail, je vais justement parler du bleisure, la tendance qui consiste à combiner business (le travail) et leisure (les vacances). J’ai découvert ce terme lors d’une présentation d’Expedia l’an dernier, en me rendant compte que je le pratiquais déjà régulièrement.

L’idée est simple : si vous avez un déplacement professionnel prévu en fin de semaine dans une destination que vous ne connaissez pas, pourquoi ne pas étendre le séjour d’une journée ou deux le week-end pour la visiter ? Si vous prenez à votre charge les nuits d’hôtel en plus et les autres frais (repas, visites, etc), cela ne coute pas plus cher à l’employeur, et tout le monde est content. L’idéal étant que la famille ou des amis soient là aussi pour le week-end, avec-vous.

Le bleisure peut ainsi prendre plein de formes, mais l’idée est toujours la même : combiner dans un même voyage une période de travail et une période de vacances. On rentabilise ainsi mieux les temps (et coûts) de déplacement, parfois pesants lors de déplacements professionnels courts.

Petite précision : si vous partez en vacances et que vous êtes obligé de travailler encore car vous avez trop de boulot, ce n’est pas du bleisure à proprement parler, ni vraiment des vacances non plus… À mon sens, le bleisure est choisi, et avec un temps pour le travail, et un temps pour le repos.

Aller en vélo travailler au co-working dans l’île de Ré, c’est cool non ?

Pour ma part, ayant la chance de pouvoir travailler depuis n’importe où, c’est assez facile de combiner travail et vacances. Il m’était arrivé plusieurs fois de prolonger des déplacement professionnels pour un peu de tourisme, bien avant d’entendre parler de cette tendance.

L’an dernier, j’ai fait du bleisure, mais en partant d’un raisonnement différent. Mes beaux-parents possèdent une maison de famille dans l’île de Ré. Idéalement, on aime y aller en demi-saison, juste pour un week-end, mais c’est assez loin de Paris au final pour faire l’aller et retour dans le week-end et vraiment profiter de l’île.

Et pour pouvoir y aller plus longtemps, pour ma part il fallait que je puisse travailler sérieusement, ce qui n’est pas évident sans connexion internet dans la maison (et en général faible sur l’île de toute façon). La solution ? Aller dans un co-working bien sûr ! Et à ma surprise, il en existait déjà deux sur l’île, dont un co-working à Loix, avec une connexion en fibre optique.

Quand un week-end nous tente quelque part, mais que c’est un peu loin, mon premier réflexe est désormais de regarder si il y a un co-working proche. De sorte qu’on puisse partir non pas un week-end mais 4 ou 5 jours, avec 2 ou 3 jours de travail dans un cadre professionnel. Mon ami pose juste des jours en plus et se repose, le chanceux 🙂

J’aime bien cette formule, car on découvre la destination d’une autre façon. On rencontre des gens qui vivent et travaillent ici (comme les insulaires sur l’île de Ré) et cela apporte un éclairage autre que purement touristique.

Si vous avez la possibilité de travailler quelques jours à distance, la formule est idéale. D’autant plus si vous avez la possibilité de bénéficier d’un logement prêté par un membre de votre famille ou un ami 🙂 Plus d’excuses pour ne pas y aller !

Tout le monde est remplaçable

« Tout le monde est remplaçable ». J’ai souvent entendu cette phrase. On me l’a souvent dite quand nous faisions face à des départs clés dans ma première entreprise Owlient, sûrement pour nous rassurer. Et j’ai fini par le croire.

C’est une idée à laquelle il est assez facile d’adhérer en tant que fondateur. Pendant une ou deux années, parfois plus, vous avez porté votre projet à bout de bras avec de multiples casquettes. On pense alors pouvoir surmonter n’importe quel départ d’une personne clé, car après tout, il suffira de rempiler une casquette de plus, on sait faire, non ?

La réalité est bien sûr différente. Un parallèle m’est venu à l’esprit en discutant rénovation immobilière avec ami. Les immeubles ont tous ce qu’on appelle des murs porteurs et d’autres non-porteurs. Mais dans les vieux immeubles, il y a aussi souvent des murs non-porteurs, qui le sont devenus au fil du temps, à force d’enlever une cloison non-porteuse par-ci, de créer des ouvertures dans les murs porteurs par-là, sans parler des mouvements du sous-sol (construction de métro, etc.). L’équilibre de la structure change par petites touches, et des cloisons non-porteuses deviennent porteuses.

C’est un peu la même idée dans une société : avec le temps, on aurait tort de penser que tout le monde est remplaçable. Car c’est s’exposer au risque qu’un pan de l’édifice s’écroule. Et si tout est réparable, ce n’est jamais sans conséquences.

Le temps d’écouter

Il y a deux ans on m’a offert une platine vinyle, qui est venue compléter mon ensemble hi-fi.

Au début, j’étais un peu sceptique sur ma capacité à entendre la différence avec d’autres sources. Et puis on m’avait expliqué aussi que l’intérêt du disque vinyl n’était pas tant que le son soit de moindre ou meilleure qualité, mais simplement qu’il s’agissait de ce son là que le producteur et l’artiste souhaitaient à l’époque. Est-ce à dire qu’il n’y aurait aucun intérêt donc à acheter un vinyl d’un artiste récent ? Par réflexe, mes premiers achats furent plutôt anciens et classiques effectivement (Queen II, Whish You Were Here, même un Hot Buttered Soul).

À l’usage, j’ai trouvé un vrai intérêt à la platine : on est plus ou moins obligé d’écouter tout l’album. Ici, pas de random, pas de playlists, pas d’avance rapide… On se relève juste une fois pour tourner le disque et puis c’est tout, c’est déjà assez fatiguant comme ça 🙂 On est aussi plus à l’écoute du coup, c’est presque une activité à part entière.

Et finalement, cela correspond bien à mon écoute de la musique depuis toujours : je privilégie l’écoute d’albums complets ou de compilations bien construites1. J’apprécie quand il y a eu un choix éditorial et une sélection réalisée par l’artiste, car quand c’est bien fait, ça vaut plus que n’importe quel algo de playlist…

Je continue donc à étoffer ma collection de vinyl, en me concentrant sur des bons albums2. Récemment c’était Vespertine de Bjork, et Blackstar de David Bowie. Il y en aura sûrement d’autres à venir, de toutes époques donc !

La Constitution

2017 fut une année riche en élections (présidentielle, législatives et sénatoriales), et non pas moins riche en rebondissements…

Pendant l’élection présidentielle, cela m’a marqué qu’autant de candidats (au moins deux « majeurs » totalisant plus de 25% au premier tour) prêchent pour une nouvelle constitution. À cela s’ajoutent les différentes expressions entendues fréquemment ici et là sur une démocratie qui serait malade : un président illégitime, un premier-ministre qui ne sert à rien, voire simple « collaborateur », des députés « godillots », une majorité qui met en péril la démocratie, etc… À force d’être entendues, on finit par s’interroger effectivement sur notre constitution.

D’où le besoin de me faire mon propre avis sur la question, et la lecture de l’ouvrage « La Constitution » par Guy Carcassonne1 et Marc Guillaume. Si le fond peut sembler rébarbatif, la forme le rend très accessible. Chaque article est en effet commenté en allant à l’essentiel, sans trop de longueurs, avec autant de rigueur que d’humour (oui, j’ai rigolé !). S’agissant de la treizième édition, les exemples sont à jour jusqu’à la présidence Hollande. À vrai dire, j’ai hâte de voir les commentaires à jour suite à l’élection atypique de 2017 !

Je termine la lecture du livre avec le sentiment que cette constitution est assez robuste, ayant résisté à de nombreuses situations politiques et style de présidence. Elle n’est pas parfaite, demande à être améliorée, mais elle a permis à la France d’entrer dans les démocraties modernes. Elle n’est pas immuable, ayant déjà été révisée 22 fois et surtout, les plus grand maux de notre politique ne nécessitent pas forcément de la réviser, en témoigne l’interdiction du cumul des mandats, adoptée par une loi organique. Comme quoi des améliorations qui auront un impact majeur peuvent être apportées, sans changer ni même réviser la constitution.

Je recommande ce livre à tous ceux qui s’intéressent à la politique, car il s’agit du texte qui régit nos institutions, et il est toujours utile d’en revenir à la source. J’en retiens notamment que le président n’est pas si puissant qu’on nous le fait paraître2; que le premier-ministre dispose d’un pouvoir au contraire plus important qu’on ne le pense; et que le parlement pourrait l’être plus si il utilisait bien tous les outils à sa disposition (la fin du cumul re-concentrera peut-être les parlementaires sur leurs tâches…).

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