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Kiko Vs Google : les forces de la concurrence peuvent cacher leurs faiblesses

Intéressant débat que celui sur la revente du site Kiko. Il s’agit d’un service Web on ne peut plus 2.0 : Kiko est un calendrier en ligne entièrement Ajaxé, avec Ruby On Rails côté serveur, et supporté par Y Combinator. Kiko a été pour le moins bousculé par le lancement de Google Calendar, et les fondateurs ont décidé de revendre le site sur eBay.

Les réactions sont nombreuses suite à cette décision, notamment sur l’attitude à adopter par une start-up face au géant Google. Deux d’entre elles ont retenu mon attention : celle de Paul Graham et celle de Scott Karp.

Ce qui définit les capacités d’une entreprise définit aussi ses incapacités

C’est une des conclusions que tire Clayton Christansen dans son livre The Innovators Dilemma sur les innovations disruptives. Et c’est précisément ce qui se cache derrière le propos de Paul Graham. La force de Google réside entre autres dans son armée d’ingénieurs-geek-technophile qui sort de nombreux produits. Le Google Day – jour libre des employés pour un projet personnel dans l’intérêt de l’entreprise – y est sûrement pour beaucoup. Mais c’est aussi là que peut se cacher une faiblesse : si Google est bon pour sortir des produits par et pour des technophiles, qu’en est-il du reste ? Le nombre de produits sortis en beta et qui le sont encore est pour le moins révélateur de cette mentalité. Comme le souligne Paul Graham, le champs d’action de Google est probablement plus étroit qu’on ne le pense.

Il est donc important de toujours garder à l’esprit que derrière une force de la concurrence se cache toujours à l’opposé une faiblesse potentielle, quand bien même la concurrence s’appelle Google. Et cela me semble d’autant plus vrai quand la force en question réside dans les valeurs mêmes de l’entreprise, car c’est ce qu’il y a de plus difficile à changer (les ressources s’acquièrent, et les procédures sont moins insurmontables à changer).

Google, le nouveau vieux Microsoft ?

Tout le monde s’accorde à dire que Google est le nouveau Microsoft. À ce titre, l’analyse par Paul Graham de la vraie raison de l’échec de Kiko est intéressante : Google, en intégrant Calendar avec GMail a usé des même techniques que Microsoft avec l’intégration de ses logiciels au système d’exploitation. Et Graham de conseiller aux start-up d’éviter le chemin de Google. Ça, c’est pour la mauvaise nouvelle.

La bonne, c’est la remarque imparable de Scott Karp : If Google Is the New Microsoft, That’s Precisely Why They Shouldn’t Be Feared. Simple comme bonjour, et tellement vrai. Karp évoque même la précarité du statut de leader, et un cycle de changement qui s’accélère. On croyait Microsoft indétronable, et pourtant Google est presque en train de la faire. Alors pourquoi personne n’arriverait à son tour à inquiéter Google ?

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1 Commentaire

  1. « Google, en intégrant Calendar avec GMail a usé des même techniques que Microsoft avec l’intégration de ses logiciels au système d’exploitation »

    Euh je suis pas d’accord … Ou tout du moins ça dépend de quelle perspective tu te places … Microsoft renforçait (et profitait de) sa situation de monopole en faisant ça.
    Au contraire google est loin d’avoir le monopole sur le mail et même sur le webmail … D’autant plus qu’il faut encore des invitations pour pouvoir utiliser Gmail …
    Après si ta perspective est plus celle de « ils ont intégré très fortement l’un à l’autre », là, oui, je suis d’accord (enfin … j’ai jamais utilisé Calendar mais je peux imaginer)

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