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Blog d'Olivier Issaly

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Cash-out de fondateurs

Si il y a bien un sujet qui semble provoquer des désaccords profonds entre fondateurs et investisseurs, c’est celui du « cash-out ».

Il peut s’agir pour les fondateurs, lors d’une levée de fonds, de céder une partie de leurs titres aux nouveaux investisseurs. Ou bien de verser des dividendes conséquentes lorsque la société devient profitable.

Le désaccord apparait donc quand les fondateurs, souvent partis de rien, commencent à vouloir matérialiser leur patrimoine. D’où vient la crispation ?

Pour le fondateur, qui a pris des risques et a le sentiment d’avoir tout donné, il y a la volonté naturelle d’assurer ses arrières et mettre à l’abri ses proches. Cumuler les risques professionnellement et personnellement peut devenir pesant à la longue.

Pour les investisseurs, qui cherchent la meilleure sortie à la plus forte valorisation, il y a la volonté d’avoir des fondateurs concentrés sur le business, qui « ont faim » et n’ont pas d’autres choix que de réussir.

Un fondateur qui commence à penser patrimoine personnel au point de se désengager en partie de sa société présente le risque de lever le pied, de commencer à « profiter de la vie » avec son argent. Le risque est réel. C’est d’autant plus gênant pour l’investisseur qu’un cash-out quelqu’il soit (cession de titres au lieu d’émission de nouveaux, dividendes) signifie moins de ressources pour le développement de l’entreprise.

Pour autant, de ce que j’ai pu vivre moi-même ou entendre, je trouve la position des investisseurs souvent exagérée lorsqu’ils refusent net tout cash-out. Je comprends leur position, mais elle a deux sérieux travers à mon sens.

On peut arriver à des situations absurdes où le fondateur a des complications financières à titre personnel, et perd du temps et de l’énergie pour des sommes ridicules eut égard à la valorisation de sa société. Tout le monde a intérêt que le fondateur arrive au boulot l’esprit libre de toute contrainte personnelle, et se concentre sur le business.

L’autre travers de fondateurs qui n’ont jamais fait de cash-out, c’est la tentation extrême de tout vendre dès que l’opportunité se présente. À vouloir des fondateurs qui « ont faim », les investisseurs prennent le risque de ne pas voir la participation valorisée au maximum de son potentiel…

Où est le juste milieu ? En réfléchissant au sujet, une idée est d’autoriser un cash-out permettant au fondateur d’être propriétaire de son appartement ou de sa maison, lorsque la société est devenue profitable, avec un volume d’activité qui atteint plusieurs millions d’euros et qu’un nouveau financement se prépare.

C’est un marqueur comme un autre, mais il a l’avantage d’apporter au fondateur de la sérénité et un peu d’aisance financière, n’ayant plus de loyers ou emprunt à payer. Pour l’investisseur, cela reste une somme raisonnable par rapport à la valorisation d’une société de ce type (si le fondateur est raisonnable sur son domicile bien sûr !).

Une chose est sûr, il est important de pouvoir avoir une discussion apaisée sur la question globale de la rémunération des fondateurs, dans l’intérêt de tous : que les fondateurs soient dans les meilleures conditions pour aller le plus loin possible. Pour certains, cela signifie être rassuré sur ses finances personnelles pour tout donner sur la société.

Le premier jour

Et voilà lNotre nouveau bureau :)a suite logique de mon précédent article « Le dernier jour » , après un peu plus de 6 mois de vacances.

Avec mon associé Vincent Guth, nous démarrons donc un nouveau projet entrepreneurial ! Alors en fait, notre société est déjà créée, et puis on travaille déjà un peu dessus depuis le début de l’année. Mais aujourd’hui, on vient de s’installer dans un nouveau bureau, donc c’est un peu l’ambiance du « premier jour » 🙂

Nous sommes installés à la pépinière de Gif-sur-Yvette, proche de là où nous habitons. Cela rappellera des souvenirs aux premiers employés d’Owlient puisque c’est là bas que nous avions débuté de 2005 à 2007. C’est un retour aux sources en quelques sortes !

Pour les plus curieux, notre projet n’a rien à voir avec le jeu vidéo. Par contre c’est très lié aux communautés de passionnés, ce qui ne surprendra pas ceux qui connaissent notre vision sur ce sujet depuis les débuts d’Owlient déjà 🙂

Le dernier jour

Toutes les bonnes choses ont une fin, et ainsi aujourd’hui c’est mon dernier jour à Owlient et Ubisoft.

Il y a tout juste dix ans, on commençait à travailler ensemble avec Vincent sur un framework de développement Web. On avait à l’époque chacun notre projet perso, et je me souviens lui avoir suggéré sur IRC de fusionner les projets, sans trop y croire d’ailleurs. De fil en aiguille, on pas seulement travaillé sur un framework commun, mais aussi sur une idée d’écurie virtuelle qui deviendra Equideow un an plus tard en 2005.

Ce serait long de raconter l’histoire d’Owlient en un billet de blog tant ce fut intense et riche en émotions. Autant dire que je n’ai rien vu passer de la dernière décennie 🙂 Beaucoup ont contribué à faire d’Owlient une belle aventure, à commencer par les équipes qui la font vivre, et je tiens à les en remercier. Et puis deux personnes aussi qui ont été décisifs quand on a fait grandir la société : Yves Peynaud et Christiane Granier; merci à eux !

Le singe Ow avec un Lapin Crétin :)Enfin, difficile de ne pas parler d’Ubisoft qui nous a racheté il y a maintenant 3 ans de cela, et où j’ai pu travailler pour partager nos connaissances dans le free-to-play. C’est le genre d’expérience en entreprise qui m’a manqué à l’époque de la forte croissance d’Owlient. Tout n’est pas parfait à Ubisoft (quelle boite l’est ?), mais sur bien des aspects c’est une société très inspirante, j’ai vraiment apprécié d’avoir pu y travailler.

Avec tout ça, pourquoi quitter ces deux sociétés ? Tout simplement car la liberté et l’aventure me manquent. Et puis, le besoin de se remettre en question, ne pas vivre sur des acquis passés mais plonger à nouveau dans l’inconnu pour se reconstruire, quelque part cela me rassure 🙂

Pas de programme bien défini pour la suite donc, si ce n’est un peu de vacances et des idées à laisser murir !

Blog d'Olivier Issaly & Thème basé sur Lovecraft