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Blog d'Olivier Issaly

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Le dernier jour

Toutes les bonnes choses ont une fin, et ainsi aujourd’hui c’est mon dernier jour à Owlient et Ubisoft.

Il y a tout juste dix ans, on commençait à travailler ensemble avec Vincent sur un framework de développement Web. On avait à l’époque chacun notre projet perso, et je me souviens lui avoir suggéré sur IRC de fusionner les projets, sans trop y croire d’ailleurs. De fil en aiguille, on pas seulement travaillé sur un framework commun, mais aussi sur une idée d’écurie virtuelle qui deviendra Equideow un an plus tard en 2005.

Ce serait long de raconter l’histoire d’Owlient en un billet de blog tant ce fut intense et riche en émotions. Autant dire que je n’ai rien vu passer de la dernière décennie 🙂 Beaucoup ont contribué à faire d’Owlient une belle aventure, à commencer par les équipes qui la font vivre, et je tiens à les en remercier. Et puis deux personnes aussi qui ont été décisifs quand on a fait grandir la société : Yves Peynaud et Christiane Granier; merci à eux !

Le singe Ow avec un Lapin Crétin :)Enfin, difficile de ne pas parler d’Ubisoft qui nous a racheté il y a maintenant 3 ans de cela, et où j’ai pu travailler pour partager nos connaissances dans le free-to-play. C’est le genre d’expérience en entreprise qui m’a manqué à l’époque de la forte croissance d’Owlient. Tout n’est pas parfait à Ubisoft (quelle boite l’est ?), mais sur bien des aspects c’est une société très inspirante, j’ai vraiment apprécié d’avoir pu y travailler.

Avec tout ça, pourquoi quitter ces deux sociétés ? Tout simplement car la liberté et l’aventure me manquent. Et puis, le besoin de se remettre en question, ne pas vivre sur des acquis passés mais plonger à nouveau dans l’inconnu pour se reconstruire, quelque part cela me rassure 🙂

Pas de programme bien défini pour la suite donc, si ce n’est un peu de vacances et des idées à laisser murir !

Vendre sa société

Pour un fondateur, vendre sa société soulève de nombreuses questions sur l’après. En particulier quand il y a un complément de prix (« earn-out » en anglais) afin que le fondateur reste un certain temps pour accompagner l’acquéreur (de 1 à 5 ans selon les acquisitions).

Quelque soit sa structure (durée, basée sur le chiffre d’affaires ou le résultat, etc), inévitablement un complément de prix engendre des situations où l’intérêt personnel du fondateur n’est plus toujours aligné avec celui de la société sur le long terme.

Alors que son intérêt était 100% aligné avec la société (car fortement associé au capital), c’est une situation délicate pour le fondateur qui ne souhaite pas nuire a la société qu’il a contribué à créer.
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La question qui se pose alors est la suivante : est-ce que je privilégie ma richesse personnelle, ou le sort d’une société pour laquelle on a nécessairement un affectif ?

Une façon d’y voir plus clair est de se demander si une fois riche (suffisamment pour être à l’abri du besoin en cas de coup dur en tout cas), vous continueriez à faire le même boulot qu’actuellement, avec la même motivation et le même enthousiasme ? En dehors de toute question d’argent, si vous deviez commencer un nouveau business, est-ce que vous feriez exactement le même ?

Avoir toujours le même enthousiasme aide à résoudre ces conflits d’intérêts, on a je pense moins d’état d’âme à aller dans un sens ou dans l’autre. Si la passion n’est plus vraiment là (ce qui n’empêche pas de faire son travail consciencieusement) alors ces situations sont d’autant plus pénibles à vivre. Le fondateur est face à des choix entre sa propre richesse et l’intérêt de son « bébé », forcé de faire des sacrifices sur l’un ou l’autre.

Bien entendu ces réflexions sont basées sur mon expérience de la cession d’Owlient à Ubisoft, et l’attitude de l’acquéreur a une influence importante. Ubisoft laisse beaucoup d’autonomie et d’indépendance aux fondateurs après une acquisition, qui peuvent se retrouver confrontés à ces questions. Un acquéreur au management plus « top-down » laisserait moins de marge de manœuvre aux fondateurs, qui du coup auraient sûrement moins de scrupules à exécuter au mieux l’earnout dans leur intérêt personnel. Je préfère de loin l’approche « bottom-up » d’Ubisoft qui privilégie l’humain 🙂

Dans tous les cas, il est important pour le fondateur de réfléchir à ces considérations, et de bien cerner le profil de l’acquéreur. Ce n’est pas une science exacte, chaque fondateur a des sensibilités différentes à l’argent et à la société qu’il a créée.

 

Merci à Alain et Oscar pour la relecture et leurs réflexions complémentaires sur le sujet

Design communautaire

Online Communities by XKCDBien que le Web soit de plus en plus social ou communautaire, je n’ai pas l’impression pour autant que la discipline consistant à concevoir des services communautaires soit bien formalisée.

Existe-t-il des agences de design communautaire par exemple ? Je ne parle pas d’agence Web au service de marques, ni de consultants expliquant aux marques comment se servir du dernier réseau social à la mode. J’ai plutôt en tête un bureau d’étude dédié à la conception de services communautaire. Entièrement concentrée sur le design produit qui permet la création d’une communauté.

Existe-t-il aussi des formations de design communautaire ? En entretien pour Owlient je pose souvent cette question bête : quels services communautaires appréciez-vous (qu’il s’agisse de jeu ou de médias), et pourquoi ? En général les réponses sont convenues (« Ah j’aime bien aller sur Facebook »…). Dans un monde idéal, j’aimerais par exemple pouvoir discuter de la façon dont le produit crée de nouveaux liens sociaux, comment sont-ils formalisés et quelle conséquence sur l’état d’esprit de la communauté ? Et surtout, avoir une opinion claire sur le sujet, de la même façon qu’on peut débattre sur le design graphique d’un site Web ou sur la pertinence/beauté d’une architecture logicielle !

Concevoir un service communautaire, c’est imaginer de quelle manière le produit va créer et entretenir des liens sociaux. Souvent, cela induit une dimension systémique au produit, à travers des mécaniques d’offres et demandes et un travail de régulation dans le temps. Tout cela implique des techniques particulières. Et ce ne sont pas les cas d’études exemplaires de communautés en lignes qui manquent.

Tout cela constitue à mes yeux une discipline à part entière qui mériterait plus d’attention et sensibilisation. Si vous avez des liens sur le sujet (agences, formations, recherche, etc.), je suis preneur.

Blog d'Olivier Issaly & Thème basé sur Lovecraft