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Blog d'Olivier Issaly

Faire ses courses à vélo

Cela fait maintenant plusieurs années que nous avons commencé, petit à petit, à faire nos courses à vélo. Bien que le cadre de la vallée de Chevreuse soit superbe pour faire du vélo, d’un point de vue pratique ce n’est pas si évident. En terme de distance, nous sommes à :

  • 2 kms d’une jardinerie où on trouve de plus en plus d’alimentaire (primeurs, épicerie, laiterie, fromagerie, charcuterie, boucherie, boissons, etc). Pratique (ouverte le dimanche après-midi) mais chère…
  • 5 kms de deux supérettes (Petit Casino de Cernay et Carrefour Market de Chevreuse) et des petits commerces (boulangerie, boucherie, etc.)
  • 5 kms environ de plusieurs producteurs locaux (fruits & légumes, laits/fromages, farine & pains, etc.)
  • 9 kms de trois supermarchés de taille standard (Gometz, Gif et Magny)

Pourquoi s’embêter alors à faire ses courses à vélo ? En voyant le débat déclenchée par un commerçant ayant dit que « personne ne fait ses courses à vélo », je me suis dit que ce serait intéressant de lister les objections.

Courses d’appoint pendant le premier confinement

« Oui, mais quand il pleut ou en hiver… »

Commençons par clarifier un point important : ce n’est pas parce qu’on peut aller faire ses courses à vélo, qu’on est obligé de toujours faire ses courses à vélo. On est comme tout le monde, il y a des fois on est pas motivé, on est fatigué, il fait vraiment pas beau, et on prend notre voiture.

Nous avons commencé par faire des petites courses d’appoint de temps en temps, quand il faisait beau, et petit à petit nous avons fait de plus en plus de courses. Mais nous ne faisons pas 100% des courses à vélo.

Comme on dit, il n’y a pas de mauvais temps, il n’y a que des mauvais équipements. Par une belle journée d’hiver, il suffit de mettre un bonnet et des gants et profiter. S’il y a des risques d’averses, on prend une veste de pluie, voire le sur-pantalon de pluie dans la sacoche. Puis contrairement au vélotaf, on n’a pas forcément d’horaire à respecter. S’il pleut le matin et pas l’après-midi, on s’adapte. Et comme j’aime bien le rappeler : on est pas en sucre, ce n’est pas une averse imprévue qui va nous abattre 🙂

« Oui, mais ça prend plus de temps »

Tout dépend de la distance en fait. Je pense qu’à moins de 5 kms, la différence de temps est minime, surtout si le stationnement en voiture n’est pas évident.

Dans notre cas, pour aller au supermarché à 9 kms, on met 30 minutes aller-retour en voiture, contre 1h15 à vélo aller-retour. Soit effectivement 45 minutes de plus à vélo.

Mais on voit ces 45 minutes comme un temps de promenade à vélo et d’exercice physique, où on s’aère l’esprit aussi. Plus je fais du vélo, pour aller au travail ou faire des courses, moins j’éprouve le besoin d’aller courir ou marcher par exemple (surtout quand on télétravaille). L’un dans l’autre, ça ne me prend pas plus de temps de faire mes courses à vélo donc.

Le temps peut être un souci pour ramener des produits surgelés en plein été, mais c’est un cas rare, et on regroupe nos courses de surgelés en une fois à ce moment là, en y allant en voiture. Par une belle journée d’hiver bien froide, on a déjà testé le retour à vélo depuis un magasin de surgelé en 30 minutes, aucun soucis 🙂

« Oui, mais on peut ramener moins de courses »

Là aussi, tout est question d’équipements. Mais d’abord, rappelons un chiffre utile à garder en tête : un sac de courses réutilisable c’est environ 30L en terme de volume.

Quand j’étais étudiant, faute de voiture, je faisais mes courses à vélo avec deux sacs à dos : un sur le dos, un sur le porte-bagages avec un tendeur. Selon la taille de vos sacs à dos, cela représente entre 1,5 et 2 sacs de courses déjà.

Le mieux est de s’équiper de sacoches de vélos, qui se clipsent sur le porte bagage. Une sacoche de 25L équivaut presque à un sac de courses en terme de volume. Et si vous ajoutez un panier à l’avant (25L), vous gagnez encore l’équivalent d’un sac.

Dans notre cas, nous avons aussi une carriole pliante Trenux, qui nous permet de gagner 60L de volume, soit 2 sacs de plus. Elle est très pratique car elle nous permet à l’aller de rouler normalement sans carriole à vide. J’ai découvert aussi des modèles bien pensés de caddies qui se fixent à l’arrière du vélo (60L aussi environ).

Retour de courses avec la carriole

Il est possible également de fixer deux sacoches à l’avant du vélo, comme les grands voyageurs à vélo, ce qui nécessite un porte bagage avant.

Le top du top évidemment, c’est le vélo cargo, mais on change de catégorie de budget ! Restons-en sur les petits équipements et faisons le bilan en terme de volume potentiel :

  • 2 sacs à dos (sur le dos et porte bagage) : 2 x 20L
  • 2 sacoches sur le porte bagage : 2 x 25L
  • Une carriole ou caddie ou 2 sacoches avant : 60L
  • Un panier à l’avant du vélo : 25L
  • Soit un total de 175L

175L, on est plus loin du volume de coffre d’une petite citadine comme les 108/C1 ou Twingo. Cela représente surtout environ 6 sacs de courses réutilisables. Précision importante : on parle bien de L et pas de kg, vous n’êtes pas obligé de ramener 175L de lait 🙂

La question qui vient aussitôt est : combien de sacs de courses remplissez-vous ? À deux, sans enfants, on constate qu’on remplit 2 à 3 sacs de courses chaque semaine. En théorie on n’aurait même pas besoin de la carriole, mais elle est pratique pour les éléments lourds ou volumineux (packs de lait, etc.).

Selon la distance et volume, on peut ajuster la fréquence des courses, c’est une autre façon de s’adapter.

« Oui, mais c’est fatiguant le vélo »

Certains de nos trajets se font sur un plateau, sans dénivelé, et c’est par là qu’on a naturellement commencé à faire nos courses. Sur du plat, une ou deux sacoches remplies, ça n’est pas trop gênant.

Bien sûr, avec 175L évoqués plus haut, ou du dénivelé, ça devient plus sportif. On a un vélo à assistance électrique qui même s’il n’est pas très puissant, facilite les choses. Bien que dans la section de côte à 18% pour arriver à la maison, avec la carriole pleine, il faut bien pédaler quand même !

Cela dit, il m’arrive régulièrement de prendre malgré tout mon vélo classique car justement, j’ai envie de faire un peu de sport. Comme pour la question du temps, c’est une manière de joindre l’utile à l’agréable, et d’avoir ma dose d’exercice physique de la semaine tout en faisant les courses. Et comme pour la course à pieds, plus on pratique, plus l’effort est facile.

Les avantages dans tout ça…

Listons quand même les avantages de faire ses courses à vélo :

  • On s’aère l’esprit en faisant du vélo
  • On fait un peu d’exercice physique
  • On réfléchit plus à ce dont on a réellement besoin avant de partir (même si en pratique, on ne s’est jamais retrouvé à manquer de volume)
  • Cela favorise le commerce de proximité, qu’on redécouvre pour limiter les distances
  • Cela fait des trajets en voiture en moins. Si vous voulez faire votre part du travail pour viser les 2 tonnes de CO2 par an par habitant, cela y contribue

Comme souvent, on a tendance à sous-estimer ce qu’on peut faire avec le vélo, surtout si on s’équipe correctement (tenue de pluie et sacoches par exemple). Et comme pour la question de la voiture électrique, il faut sortir de la logique du moyen de transport devant absolument couvrir 100% des cas d’usage. On s’aperçoit alors que le vélo est très utile et agréable, pour les courses notamment 🙂

Une seconde vie pour MyAtlas

Cette fin d’année aura été marquée par la fin de l’aventure MyAtlas pour ce qui me concerne. La société est en effet entrée en liquidation en novembre, qui a aboutit à la reprise des actifs par un entrepreneur dans le numérique. La bonne nouvelle est que le site va continuer à vivre, c’est un soulagement pour la communauté, et pour moi même vu l’investissement que cela représente (en énergie, temps et capital) depuis 2015 déjà.

En pratique, cela fait depuis mai 2019 que j’ai cessé de travailler à plein temps sur MyAtlas. Malgré une dernière tentative sur un modèle d’agence de voyage, nous n’étions pas parvenu à trouver un modèle économique viable, et par conséquent il était devenu difficile de se refinancer aussi. Le site a continué à vivre ainsi (les revenus payant les frais d’hébergement) mais les dernières échéances d’un prêt BPI nous ont obligé à entamer la liquidation (eh oui, la BPI arrose en prêts, mais il faut bien rembourser un jour !).

En me replongeant dans MyAtlas récemment et avec plus de recul, je mesure mieux toutes les erreurs que nous avons faites au cours de ces années. Ce serait un peu long à développer dans un seul post, j’y reviendrai probablement plus tard. Ces erreurs sont cela dit autant de leçons apprises qui sont toujours utiles dans d’autres contextes. La liquidation en tant que telle nous a aussi beaucoup appris sur les outils à disposition du gérant pour faire face aux difficultés. Ce fut la dernière leçon de l’histoire : ne pas attendre la cessation de paiement (surtout si il reste encore un peu de trésorerie), il existe d’autres outils pour sortir par le haut (comme la conciliation et le pré-pack cession).

En décidant d’arrêter MyAtlas en mai 2019, j’avais envie de revenir vers mon métier d’origine de développeur, et par un heureux hasard j’ai ainsi rejoins Zenride. On va pas se mentir : je suis bien content désormais de travailler dans l’industrie du vélo, qui se porte infiniment mieux que celle du voyage…

Une page s’est tourné donc, et j’en profite pour remercier Hervé qui a repris MyAtlas et permis ainsi que le site entame une seconde vie !

Nos premières vacances cyclotourisme

Cet été nous avons fait nos premières vacances cyclotourisme avec Florent. À part un Paris-Étretat aller-retour à l’arrache pendant les études je n’avais jamais fait de longues distances comme ça.

Départ de Cherbourg, pas avec la meilleure météo !

Notre parcours était un peu atypique : parti de Cherbourg, nous avons fait une pause de 2 jours à Cancale et fini à Angers. C’était avant tout opportuniste : des amis nous ont prêté leur tandem qui se trouvait chez leur parent à côté de Cherbourg. Nous avons pu découvrir la pointe de la Hague et traverser la baie du mont St Michel. Mes parents ont un appartement à Cancale, ce qui était parfait pour une pause à mi-parcours, avant d’aller chez mon frère à Angers.

La pointe de la Hague, superbe mais… très vallonnée !

Autant dire que les premiers jours furent difficile. Nous ne nous étions pas spécialement entrainé à vrai dire. Pour ma part je pensais que mon activité vélotaf m’aurait suffit d’entraînement, mais avec le confinement et le télétravail, pas tant que ça au final !

La plus grosse erreur qu’on ait fait concerne les distances. Nous avions réservé à l’avance les chambres d’hôtes chaque soir, en vérifiant que les distances entre chaque étaient correctes. C’était sans compter sur deux paramètres importants.

Tout d’abord, cela reste des vacances : on s’arrête visiter, on fait des détours pour aller voir un point d’intérêt ou chercher à manger. Très souvent nous avons pris de toutes petites routes de campagne pour éviter la circulation automobile. Et bien sûr, on s’est trompé de chemin quelques fois parce que c’est tellement marrant de faire des kilomètres en plus ! Lors de la préparation, nous avions tablé sur 60 kilomètres par jour sans regarder trop précisément l’itinéraire. La plupart du temps, cela s’est transformé en 80 kms…

Ensuite la vitesse. Nous étions chargés de 4 sacoches sur le tandem. Par ailleurs, bien que le tandem en lui-même ne pèse que 25kg (ce qui en soit est moins que 2 vélos tout chemin de 15kg), nous avions vraiment l’impression de faire du sur-place dans les côtes. En préparant le voyage, j’avais en tête mes propres vitesses de vélotaf (de l’ordre de 16 km/h), je pensais qu’on serait entre 15 et 20 donc (moins de feux rouges en campagne !). Au final, Strava nous a indiqué une vitesse moyenne de 14 km/h.

Mais il s’agit d’une vitesse de roulage uniquement. En incluant les pauses, cela tombait en dessous des 10 km/h. Avec 80km par jour, cela fait donc 8h de route, ce qui ne laisse pas vraiment le temps de visiter et profiter… Le but n’étant pas d’être sur un vélo toute la journée non plus, il faut bien faire attention aux distances donc. Si c’était à refaire, je veillerai à m’entraîner un peu plus, et je tablerai sur 40 à 50 kms théoriques.

La baie du Mont Saint Michel, très sympa en vélo. Par contre, à évitez d’est en ouest… 🌬️

Un autre détail en terme d’organisation : il faut bien penser au repas du soir. Car après 80 kilomètres de vélo, deux constats. Premièrement, il est délicat de rentrer dans un restaurant vu l’odeur de transpiration (on s’est fait refoulé une fois, véridique, une autre fois on a vraiment culpabilisé pour nos voisins de table). D’autre part, quand on rentrait à l’hébergement prendre une douche et se changer, la dernière chose dont on avait envie c’était de remonter sur un vélo… Pour nous les meilleurs hébergements étaient ceux qui étaient dotés d’une auberge ou table d’hôte, ou ceux dans des petites communes où on pouvait aller à pied manger au bistrot ou à la crêperie du coin.

Les huîtres sur le port de Cancale, un incontournable !

Malgré ces aléas et la fatigue, nous avons bien apprécié ces vacances ! En fait, je n’ai jamais autant coupé et perdu le fil des jours dans ma tête qu’en faisant du vélo toute la journée. Je savais en faisant du vélotaf que le vélo aide à se vider l’esprit, c’est encore plus fort en vacances.

Nous étions aidés par le parcours aussi, qui si il n’était pas toujours le plus touristique (hormis la pointe de la Hague et la baie du Mont St Michel !), nous a fait découvrir des superbes campagnes paisibles et plus variées qu’on imagine, que ce soit dans le bocage normand ou en traversant l’Ille-et-Vilaine et la Mayenne. On s’en doutait, mais ça vaut la peine de le dire : quelques soient les régions traversées, on a de la chance d’habiter dans un beau pays !

Un mot enfin sur le tandem. Nous avions la chance de rouler sur un Hase Pino, qui a une particularité : la personne à l’avant est assise dans un fauteuil et non une selle, et pédale à l’horizontal, ce qui dégage la vue pour celui derrière. Les deux profitent donc du paysage ! Autant dire qu’on ne passe pas inaperçu avec ce vélo, mais on dispose d’un bon capital sympathie quand on échange avec les gens. Le tandem a par ailleurs un autre avantage : il efface les différences de niveaux physiques entre les deux cyclistes. Il y a toujours un moment où un des deux est plus fatigué que l’autre, et ainsi il ne se retrouve pas à la traine, ce qui est encore plus démoralisant.

Fin de parcours par les chemins de halage sur la Sarthe puis le Loir, superbe !

Ce fut donc une bonne découverte : des vacances atypiques, pas reposantes physiquement (550 kms en 8 jours) mais où on a bien déconnecté tout en découvrant de belles régions. On recommencera probablement, car à l’origine l’idée était de faire la Véloscénie (véloroute de Paris au Mont St-Michel), celle-ci passant juste devant la maison à Choisel 🙂

En selle Choisel !

Le conseil municipal de Choisel fraichement installé, la commission environnement & mobilité s’est mise au travail et une des premières actions est un concours nommé Choisel 2030. L’idée est que chacun puisse exprimer sa vision d’un futur désirable pour notre village, autour des thèmes suivants : alimentation, mobilité, énergie, eau, paysage, cadre de vie. N’étant pas à court d’idées, voici ma proposition1.

Un peu de contexte déjà : Choisel est un village de 500 et quelques habitants, où les premiers commerces se trouvent à 5 km minimum. La situation va changer un peu avec l’ouverture d’une auberge2 qui aura un coin épicerie. Contrepartie intéressante de cette situation « rurale » : nous avons plusieurs fermes et producteurs locaux dans ce rayon de 5 km.

Dans ce contexte, la voiture est le premier réflexe pour se déplacer. Mais le moindre déplacement a son coût. Si vous oubliez le pain ou une autre course, c’est tout de suite 10 km parcourus. Si vous êtes étourdi(e)s deux fois par mois, c’est d’emblée 1,5% de votre quota annuel de 2 tonnes de CO2 par an (pour respecter les accords de Paris) qui s’envole 3. Oups, à ce rythme-là, le budget CO2 va être compliqué à gérer.

Cela fait donc quelques années que je m’efforce de plus en plus d’aller à vélo faire les courses. Les paysages de la vallée de Chevreuse sont jolis et cela rend l’effort agréable. Au début, c’était pour prendre l’air en allant chercher du pain (2 fois 12 minutes à vélo ça reste raisonnable), et de plus en plus pour faire des courses plus significatives à l’aide de bonnes sacoches.

Bien sûr, on a toujours besoin d’aller dans un supermarché en voiture, mais moins souvent qu’avant. C’est surtout pour le plus volumineux et quelques produits moins faciles à trouver dans les petites surfaces. Et puis la motivation manque parfois, soit à cause de la météo, soit à cause du dénivelé (selon la direction choisie), ou juste pas le courage…

Ma proposition pour le concours s’appelle « En selle Choisel ! ». L’idée à l’origine est de palier au problème de motivation, en faisant ses courses à vélo à plusieurs tout simplement. Outre l’intérêt en terme de lien social, en creusant l’idée, je me suis rendu compte qu’on pouvait l’articuler sur d’autres aspects tout aussi importants : favoriser le commerce local et les circuits courts, promouvoir les mobilités douces, améliorer l’entraide entre voisins et la solidarité avec les personnes dépendantes, faciliter les réparations plutôt que l’achat et mutualiser des biens onéreux comme les vélos cargos. Sans oublier la santé : améliorer la qualité de l’air avec moins de pollution émise localement (CO2, particules fines et dioxyde d’azote).

Voici donc ma proposition avec l’aide de Florent qui a bien voulu jouer au figurant pour mettre en situation ces idées et suggérer des améliorations aussi 🙂 N’hésitez pas à faire part de vos commentaires !

L’enjeu des métaux rares

Je viens de finir de lire « La guerre des métaux rares », que 50 Partners Impact a eu la bonne idée d’offrir à ses partenaires. Merci à eux car le sujet mérite effectivement une bonne sensibilisation, tant nous sommes devenus dépendants de ces quelques grammes de métaux rares. Ils sont en effet à la base de la miniaturisation de tous nos composants électroniques depuis plusieurs décennies.

Le livre met en avant un paradoxe dont on a souvent à peine conscience, ou qu’on préfère ne pas savoir : les technologies « propres » (éolien, photovoltaïque, voiture électrique, l’informatique en général, etc.) qui doivent nous permettre de réaliser notre transition énergétique s’appuient sur l’extraction de métaux rares qui engendre une très forte pollution. J’aime beaucoup une expression du livre, qui qualifie de « dette écologique hors bilan » la pollution que nous générons ailleurs en fermant les yeux.

Nous avons préféré laisser d’autres pays (la Chine en l’occurence) faire le sale boulot. Non pas par manque de minerai en France (notre sol contient nombre de ces minerais). Mais car nous avons cru à une société tertiairisé et avons laissé notre pays se désindustrialiser, en même temps que nous étions de moins en moins prêt à accepter le coût écologique sur notre territoire de l’extraction de ces minerais devenus indispensables dans notre vie quotidienne.

L’auteur aborde en profondeur les conséquences géopolitiques et économiques de l’importance des métaux rares, notamment la puissance acquise par la Chine qui s’est emparée de ce marché très intelligemment. Mais je retiens surtout qu’il met le doigt où ça fait mal : le coût énergétique et écologique de l’extraction des métaux rares laissent une grosse interrogation sur la pertinence à long terme des énergies renouvelables si elles sont appelées à prendre une part importante de notre mix énergetique.

Blog d'Olivier Issaly & Thème basé sur Lovecraft