Kiad.org

Blog d'Olivier Issaly

L’enjeu des métaux rares

Je viens de finir de lire « La guerre des métaux rares », que 50 Partners Impact a eu la bonne idée d’offrir à ses partenaires. Merci à eux car le sujet mérite effectivement une bonne sensibilisation, tant nous sommes devenus dépendants de ces quelques grammes de métaux rares. Ils sont en effet à la base de la miniaturisation de tous nos composants électroniques depuis plusieurs décennies.

Le livre met en avant un paradoxe dont on a souvent à peine conscience, ou qu’on préfère ne pas savoir : les technologies « propres » (éolien, photovoltaïque, voiture électrique, l’informatique en général, etc.) qui doivent nous permettre de réaliser notre transition énergétique s’appuient sur l’extraction de métaux rares qui engendre une très forte pollution. J’aime beaucoup une expression du livre, qui qualifie de « dette écologique hors bilan » la pollution que nous générons ailleurs en fermant les yeux.

Nous avons préféré laisser d’autres pays (la Chine en l’occurence) faire le sale boulot. Non pas par manque de minerai en France (notre sol contient nombre de ces minerais). Mais car nous avons cru à une société tertiairisé et avons laissé notre pays se désindustrialiser, en même temps que nous étions de moins en moins prêt à accepter le coût écologique sur notre territoire de l’extraction de ces minerais devenus indispensables dans notre vie quotidienne.

L’auteur aborde en profondeur les conséquences géopolitiques et économiques de l’importance des métaux rares, notamment la puissance acquise par la Chine qui s’est emparée de ce marché très intelligemment. Mais je retiens surtout qu’il met le doigt où ça fait mal : le coût énergétique et écologique de l’extraction des métaux rares laissent une grosse interrogation sur la pertinence à long terme des énergies renouvelables si elles sont appelées à prendre une part importante de notre mix énergetique.

Sobriété choisie

On discutait hier de voitures avec des amis, et cela étonne encore que j’ai pu faire le choix de troquer une Porsche récente contre une voiture électrique (une Leaf II en l’occurence). Et dans la pratique, d’être passé au vélo pour l’essentiel de mes déplacements.

Un an plus tard, je dois dire que cette voiture ne me manque pas. Je n’éprouve pas de regret non plus, tout juste un peu de nostalgie, dans le sens où je mesure à quel point ces années à rouler dans un cabriolet sportif appartiennent à un autre temps, révolu pour pleins de raisons .

J’ai trouvé un début de réponse à mon choix après avoir regardé cette semaine une conférence de Jancovici à Centrale Nantes, intitulée L’Homme et l’énergie, les amants terribles. Un peu plus longue que CO2 ou PIB : il faut choisir, elle n’aborde pas le débat du nucléaire, mais développe plus celui sur les métiers de service et l’urbanisation, tout aussi passionnant.

Un passage a retenu mon attention, quand il explique qu’entre la sobriété et la pauvreté, la principale différence réside dans le fait que la première est choisie, quand la seconde est subie.

Comme il me semble inéluctable que nous allons vers un monde de restrictions et de limitations, que ce soit pour des raisons énergétiques ou climatiques (ou sanitaires…), cette nuance prend tout son sens : je préfère de loin choisir la sobriété maintenant, que de me voir imposer la pauvreté* plus tard.

Quand bien même ces premiers efforts aujourd’hui ne seront probablement pas suffisants, ils rendront d’autant moins douloureuses les restrictions imposées à l’avenir. Aucun regret sur mes choix donc, et je compte bien continuer dans cette voie.

* le mot peut sembler fort aujourd’hui, mais je l’entends essentiellement comme un accès restreint et limité aux ressources, et où l’aisance financière n’importe pas forcément, pour des raisons règlementaires ou légales par exemple.

Recommencer à coder

Voilà 9 mois que j’ai recommencé à programmer, depuis que j’ai rejoins Zenride en juillet dernier, pour qui j’occupe le poste de directeur technique (j’y reviendrais dans un autre article). Me voilà donc à nouveau plongé dans le code à longueur de journée !

Ce n’est pas un souci car au fond j’ai toujours aimer coder. J’ai commencé au lycée je crois, et dès la première, à l’été 2003, une agence Web m’avait fait confiance pour travailler l’été (coucou Stéphane !). Le hasard a fait que pendant mes études d’ingénieur, j’ai co-fondé Owlient, dont le succès m’a amené au bout d’un an à m’éloigner du code. Si j’ai passé la douzaine d’années suivante dans des fonctions de direction générale, j’ai toujours été proche au quotidien des équipes produisant les logiciels (ingénieur, chef de projet, directeur artistique, graphiste, etc…). C’est ce qui m’a amené l’an dernier à réaliser que ce qui me plait le plus, c’est concevoir un produit, et en être responsable.

Après 9 mois à concevoir et surtout développer, je me rend compte que j’aime toujours ça, pas de doute ! Et surtout, je comprend mieux les enjeux du métier après avoir géré des équipes de production. Il y a beaucoup de choses que je savais, mais que je n’avais pas vécu personnellement. Maintenant je les comprends 🙂

Voici donc en vrac quelques réflexions qui me sont venues lors de ces derniers mois. Cela paraitra sûrement évident pour beaucoup, mais ça va mieux en le disant !

Mon poste de travail pendant le confinement. Je suis content d’avoir récupéré un écran juste avant…

Concentration

J’ai très vite réalisé à quel point ce travail demande beaucoup de concentration. À Owlient, Vincent avait trouvé la notion de tâche atomique, qu’il invoquait régulièrement pour ignorer royalement mes demandes de réunion. Maintenant je comprends ! Quand on est dérangé, cela coûte en temps pour se re-concentrer, pour retrouver le fil. Mon cauchemar, c’est la journée avec une réunion à 10h30 et une autre à 15h… J’ai besoin d’avoir des demi-journée, idéalement des journées pleines pour travailler sérieusement et efficacement.

Importance du sommeil

Il n’est jamais bon de manquer de sommeil, quelque soit le métier. Mais quand celui-ci demande justement de la concentration, c’est critique. J’ai vite réalisé l’impact du sommeil sur mon travail. Non pas que je travaille moins en quantité si je manque de sommeil. Mais je suis moins concentré, je manque d’attention, et cela se traduit par plus de bug, et au global plus de temps pour faire ce que j’ai à faire. Quand on parle de productivité, il n’y a pas que les outils, les environnements de travail ou le management. On peut commencer par un bon sommeil 🙂

Technique et business

Être dérangé c’est une chose. Mais être dérangé pour des questions business demande en plus de jongler entre deux univers de pensées très différents. Étant associé chez Zenride, on a quotidiennement des discussions sur le business et ses enjeux, c’est inhérent au rôle de fondateur. Cela me passionne toujours autant et je suis à l’aise avec cela. Mais je n’avais pas réalisé qu’en tant que directeur technique, on avait tout un autre monde à penser, et que passer de l’un à l’autre, à fortiori plusieurs fois par jours, demande beaucoup d’effort pour se concentrer sur l’un ou l’autre.

Tester et implémenter

Voilà typiquement quelque chose que je savais, mais que je ne comprenais pas (ou n’admettais pas !). Je parle de la différence entre tester une solution, et l’implémenter complètement dans un système d’information. Qui n’a pas entendu les fameux “notre API se branche en quelques minutes”, “notre outil s’intègre en quelques heures”, etc. Et moi j’y croyais quand j’étais du côté du demandeur 🙂 Souvent ce n’est pas faux d’ailleurs, c’est très rapide de “faire joujou” avec et comprendre le fonctionnement. Et puis après, il y a l’intégration propre dans le système d’information de façon pérenne, avec toute sa logique métier. Et là, on change radicalement d’ordre de grandeur en terme de délai…

Solution sans problème

Même si j’ai toujours codé un peu et me suis tenu informé sur le développement Web, cela relevait du passe temps, et j’ai donc du me remettre rapidement à niveau. Ce n’est pas évident cela dit de faire le tri dans toutes les technos “à la mode” et distinguer ce qui est réellement utile dans mon cas, de ce qui relève du nice-to-have. Cela commence par être réaliste sur les besoins réels de “scalabilité” du logiciel, et ne pas sur-architecturer. Aussi sexy et en vue soit une solution ou une technologie, si je ne constate pas le problème qu’elle adresse et n’ai pas de conviction que je vais le rencontrer à court ou moyen terme, alors je ne l’utilise pas. J’essaye de m’en tenir à ce bon sens, car étant pour l’instant seul à développer, je n’ai pas d’autres choix que de faire simple.


J’aurai sûrement d’autres réflexions au fur et à mesure que j’avancerai dans ma seconde vie de développeur 🙂

Agir pour ma commune

Dimanche dernier, j’ai été élu conseiller municipal de ma commune, Choisel, au sud des Yvelines. Le maire sortant m’avait en effet proposé de rejoindre sa liste l’été dernier. Ma première question a concerné l’absence d’étiquette et d’affiliation à un parti. C’était bien le cas, et donc je n’ai pas hésité très longtemps pour accepter !

Cela fait maintenant plus de 8 ans que j’habite à Choisel. Je suis arrivé là par hasard j’avoue, en voulant prendre l’air après avoir vendu ma société. Après trois ans en location, surtout le week-end, j’ai fini par acheter et rénover une maison devenue ma résidence principale. Je suis encore sur Paris en semaine pour le travail, mais grâce à la « Montée En Débit » et le télétravail, je suis quasiment la moitié de mon temps à Choisel au final.

Au fil des années, j’ai commencé à participer puis m’investir dans les associations et évènements qui rythment la vie de la commune. J’avoue, j’avais une image un peu cliché des animations dans une petite commune de 500 habitants environ. Mais cela m’a permis de connaître beaucoup de gens, de créer des liens qui finissent par compter, ce que je n’ai pas souvent vécu en ville. Et dans les faits, on passe des bons moments, comme les soirées œnologie, les « murder party » ou les ciné-débats avec des épisodes de Black Mirror. Sans oublier le bar associatif du vendredi soir !

Malgré le contexte, je suis content qu’on ait été élu dimanche dernier. Toute notre liste a été élue sans panachage avec la liste opposée (ce qui est possible dans les petites communes), avec plus de 70% des suffrages exprimés. Et même légèrement plus de 50% des inscrits ! C’est une particularité de Choisel qui ne se dément pas : la participation est souvent forte (presque 70% dimanche contre 45% au niveau national). La commune avait d’ailleurs reçu un diplôme de civisme du fait de sa participation.

Confinement oblige, le premier conseil municipal élisant le maire et les adjoints, et installant les conseillers municipaux, a été ajournée par la préfecture jusqu’à nouvel ordre. Nous allons donc patienter pour prendre nos fonctions, ce qui nous laisse aussi un peu de temps pour préparer nos actions.

Pour ma part, il y a deux axes qui m’intéressent. Le premier touche l’environnement et plus particulièrement les transports et la mobilité. De mon expérience, les deux sont liés, et il y a beaucoup à faire dans une commune à la fois isolée mais proche de grandes zones urbaines, où la voiture est reine. Le second concerne le déploiement du numérique, pour avoir une bonne communication avec les habitants et pour faciliter la gestion de la mairie et des démarches administratives.

C’est un beau challenge qui nous attend, et à écouter les anciens conseillers, cela demandera beaucoup d’énergie dans les six années à venir. Mais je ne doute pas que ce sera une bonne expérience !

Mon premier bilan velotaf

Il y a tout juste un an, ma bonne résolution de l’année 2019 était de passer complètement au vélo pour mes déplacements en ville. Je faisais déjà du vélo régulièrement, mais je souhaitais retrouver un regain de forme. Plus de métros donc, que du vélo ! Et grand bien m’en a fait.

Quelques chiffres

J’aurai fait en tout 2059 kilomètres pour cette première année. Ce fut une année de transition professionnelle : j’ai fait du full-remote pour MyAtlas lors des 6 premiers mois (peu de déplacements quotidien en vélo), puis j’ai rejoint Zenride (beaucoup de trajets quotidiens). Je m’attends donc à un kilométrage plus élevé encore en 2020 🙂

Objectif atteint

Le premier objectif fut atteint. J’ai perdu entre 3 et 5kg de façon permanente, et ça se ressent au quotidien. En faisant un peu de sport tous les jours, j’ai moins éprouvé le besoin d’aller courir le week-end, ce qui en soit est un gain de temps.

Parlant de temps, cela m’a convaincu que le vélo est clairement le moyen de transport le plus rapide en ville. On oublie la voiture largement disqualifiée (je fais une moyenne de 16 à 17 km/h contre 14-15 pour une voiture). Mais même par rapport au métro, c’est souvent équivalent en temps. Je fais donc un exercice physique quotidien, sans perdre de temps 🙂

Le matériel

Jusqu’à cet automne, j’ai enfourché mon fidèle Strida pliant que j’ai depuis plus de 7 ans maintenant. Pas plus gros qu’une poussette une fois plié, je l’emmène partout avec moi, aucun risque qu’on me le vole. J’ai du faire plus de 1 500 kms avec ce vélo de cirque comme on me le dit parfois 😂 (il faut bien avouer que la forme et l’équilibre sont spéciaux !).

Ne pas se fier aux apparences, ce vélo est très efficace !

Seul inconvénient : le porte-bagage est limite pour y accrocher un sac avec un ordinateur (à deux reprises il est tombé sur la chaussée :/). Et porter un sac à dos limite l’aération du corps et fait vite transpirer, donc pas idéal…

Et force est de constater que le mono-vitesse induit quand même plus d’effort lors des relances ou dans les côtes. Paradoxalement, il m’arrive souvent d’aller plus vite en Strida que les vélos électriques ! Le poids léger (9kg de base) fait qu’il n’est pas compliqué d’accélérer et maintenir une vitesse supérieure à 25 km/h (vitesse de bridage des vélos électriques). Moyennant un pédalage rapide certes !

Pour plus de confort et stabilité, j’ai finalement craqué pour un vélo de ville BMC Alpen Challenge 02 ONE. Il est équipé d’une courroie comme le Strida (aucun risque de se salir quand je le porte pour le ranger), mono-plateau mais 8 vitesses dans le moyeu arrière. On repart avec moins d’effort avec les vitesses j’avoue ! Et avec un poids de 12kg, cela reste assez léger.

On trace en BMC !

Les équipements

Il ne me reste plus qu’à installer le porte bagage sur le BMC pour clipser les sacoches et avoir le dos libre. C’est vraiment un équipement indispensable quand on fait du vélo tous les jours.

L’autre équipement indispensable, c’est la tenue de pluie. Selon la durée de votre trajet, cela peut s’avérer indispensable. En pratique, je me rend compte que même lors d’une petite pluie fine, je ne m’embête pas à l’enfiler… Comme quoi le nombre de jours où on est vraiment trempé est somme toute assez faible dans l’année (comme cette excellente étude le montre !).

Abonnement aux transports en commun

C’est un pas qui n’est pas évident à franchir au premier abord, mais finalement au bout de 6 mois j’ai résilié mon abonnement Navigo. À 75€/mois, cela ne se justifiait plus pour les quelques fois où j’ai vraiment eu besoin de prendre le métro. Il suffit de garder sur soi un carnet de tickets classiques au cas où, et cela revient bien moins cher. Le vélo, c’est aussi une belle économie chaque mois !

La circulation

J’entends souvent dire qu’il est dangereux de faire du vélo à Paris. Personnellement, je ne me suis jamais vraiment senti en danger, à part une fois sur un contresens cyclable. Je les évite désormais quand c’est possible, je considère que les vélos n’ont pas à servir de ralentisseurs pour les voitures… Avec l’expérience, on repère de loin les voitures qui tournent sans regarder leur angle mort, le seul risque est d’être soi-même dans un moment d’inattention. Et comme je l’écrivais plus tôt, si on prend de respecter le code de la route à vélo, on se met rarement en danger au final.

Reste la cohabitation avec les autres usagers, en particulier avec les voitures et les scooters. Il y a hélas trop d’incidents où les gens en viennent au main, donc je prend sur moi et je ne dis rien quand je vois d’autres « incivilités », c’est souvent de toute façon inefficace de s’expliquer…

Bilan du vélotaf

Aucune chance que je revienne en arrière maintenant que j’y ai goutté !

Car il reste un gros avantage non négligeable que je n’ai pas évoqué : deux fois par jour, pendant 15, 20 ou 30 minutes, je prends l’air et m’aère l’esprit, sans être le nez sur mon smartphone par exemple. Ce n’est pas qu’un bienfait physique, c’est aussi une coupure mentale qui fait du bien au quotidien 🙂 Cela vaut largement la vingtaine de jours par an où c’est un peu moins marrant !

Page 1 of 38

Blog d'Olivier Issaly & Thème basé sur Lovecraft