Kiad.org

Blog d'Olivier Issaly

Nos premières vacances cyclotourisme

Cet été nous avons fait nos premières vacances cyclotourisme avec Florent. À part un Paris-Étretat aller-retour à l’arrache pendant les études je n’avais jamais fait de longues distances comme ça.

Départ de Cherbourg, pas avec la meilleure météo !

Notre parcours était un peu atypique : parti de Cherbourg, nous avons fait une pause de 2 jours à Cancale et fini à Angers. C’était avant tout opportuniste : des amis nous ont prêté leur tandem qui se trouvait chez leur parent à côté de Cherbourg. Nous avons pu découvrir la pointe de la Hague et traverser la baie du mont St Michel. Mes parents ont un appartement à Cancale, ce qui était parfait pour une pause à mi-parcours, avant d’aller chez mon frère à Angers.

La pointe de la Hague, superbe mais… très vallonnée !

Autant dire que les premiers jours furent difficile. Nous ne nous étions pas spécialement entrainé à vrai dire. Pour ma part je pensais que mon activité vélotaf m’aurait suffit d’entraînement, mais avec le confinement et le télétravail, pas tant que ça au final !

La plus grosse erreur qu’on ait fait concerne les distances. Nous avions réservé à l’avance les chambres d’hôtes chaque soir, en vérifiant que les distances entre chaque étaient correctes. C’était sans compter sur deux paramètres importants.

Tout d’abord, cela reste des vacances : on s’arrête visiter, on fait des détours pour aller voir un point d’intérêt ou chercher à manger. Très souvent nous avons pris de toutes petites routes de campagne pour éviter la circulation automobile. Et bien sûr, on s’est trompé de chemin quelques fois parce que c’est tellement marrant de faire des kilomètres en plus ! Lors de la préparation, nous avions tablé sur 60 kilomètres par jour sans regarder trop précisément l’itinéraire. La plupart du temps, cela s’est transformé en 80 kms…

Ensuite la vitesse. Nous étions chargés de 4 sacoches sur le tandem. Par ailleurs, bien que le tandem en lui-même ne pèse que 25kg (ce qui en soit est moins que 2 vélos tout chemin de 15kg), nous avions vraiment l’impression de faire du sur-place dans les côtes. En préparant le voyage, j’avais en tête mes propres vitesses de vélotaf (de l’ordre de 16 km/h), je pensais qu’on serait entre 15 et 20 donc (moins de feux rouges en campagne !). Au final, Strava nous a indiqué une vitesse moyenne de 14 km/h.

Mais il s’agit d’une vitesse de roulage uniquement. En incluant les pauses, cela tombait en dessous des 10 km/h. Avec 80km par jour, cela fait donc 8h de route, ce qui ne laisse pas vraiment le temps de visiter et profiter… Le but n’étant pas d’être sur un vélo toute la journée non plus, il faut bien faire attention aux distances donc. Si c’était à refaire, je veillerai à m’entraîner un peu plus, et je tablerai sur 40 à 50 kms théoriques.

La baie du Mont Saint Michel, très sympa en vélo. Par contre, à évitez d’est en ouest… 🌬️

Un autre détail en terme d’organisation : il faut bien penser au repas du soir. Car après 80 kilomètres de vélo, deux constats. Premièrement, il est délicat de rentrer dans un restaurant vu l’odeur de transpiration (on s’est fait refoulé une fois, véridique, une autre fois on a vraiment culpabilisé pour nos voisins de table). D’autre part, quand on rentrait à l’hébergement prendre une douche et se changer, la dernière chose dont on avait envie c’était de remonter sur un vélo… Pour nous les meilleurs hébergements étaient ceux qui étaient dotés d’une auberge ou table d’hôte, ou ceux dans des petites communes où on pouvait aller à pied manger au bistrot ou à la crêperie du coin.

Les huîtres sur le port de Cancale, un incontournable !

Malgré ces aléas et la fatigue, nous avons bien apprécié ces vacances ! En fait, je n’ai jamais autant coupé et perdu le fil des jours dans ma tête qu’en faisant du vélo toute la journée. Je savais en faisant du vélotaf que le vélo aide à se vider l’esprit, c’est encore plus fort en vacances.

Nous étions aidés par le parcours aussi, qui si il n’était pas toujours le plus touristique (hormis la pointe de la Hague et la baie du Mont St Michel !), nous a fait découvrir des superbes campagnes paisibles et plus variées qu’on imagine, que ce soit dans le bocage normand ou en traversant l’Ille-et-Vilaine et la Mayenne. On s’en doutait, mais ça vaut la peine de le dire : quelques soient les régions traversées, on a de la chance d’habiter dans un beau pays !

Un mot enfin sur le tandem. Nous avions la chance de rouler sur un Hase Pino, qui a une particularité : la personne à l’avant est assise dans un fauteuil et non une selle, et pédale à l’horizontal, ce qui dégage la vue pour celui derrière. Les deux profitent donc du paysage ! Autant dire qu’on ne passe pas inaperçu avec ce vélo, mais on dispose d’un bon capital sympathie quand on échange avec les gens. Le tandem a par ailleurs un autre avantage : il efface les différences de niveaux physiques entre les deux cyclistes. Il y a toujours un moment où un des deux est plus fatigué que l’autre, et ainsi il ne se retrouve pas à la traine, ce qui est encore plus démoralisant.

Fin de parcours par les chemins de halage sur la Sarthe puis le Loir, superbe !

Ce fut donc une bonne découverte : des vacances atypiques, pas reposantes physiquement (550 kms en 8 jours) mais où on a bien déconnecté tout en découvrant de belles régions. On recommencera probablement, car à l’origine l’idée était de faire la Véloscénie (véloroute de Paris au Mont St-Michel), celle-ci passant juste devant la maison à Choisel 🙂

En selle Choisel !

Le conseil municipal de Choisel fraichement installé, la commission environnement & mobilité s’est mise au travail et une des premières actions est un concours nommé Choisel 2030. L’idée est que chacun puisse exprimer sa vision d’un futur désirable pour notre village, autour des thèmes suivants : alimentation, mobilité, énergie, eau, paysage, cadre de vie. N’étant pas à court d’idées, voici ma proposition1.

Un peu de contexte déjà : Choisel est un village de 500 et quelques habitants, où les premiers commerces se trouvent à 5 km minimum. La situation va changer un peu avec l’ouverture d’une auberge2 qui aura un coin épicerie. Contrepartie intéressante de cette situation « rurale » : nous avons plusieurs fermes et producteurs locaux dans ce rayon de 5 km.

Dans ce contexte, la voiture est le premier réflexe pour se déplacer. Mais le moindre déplacement a son coût. Si vous oubliez le pain ou une autre course, c’est tout de suite 10 km parcourus. Si vous êtes étourdi(e)s deux fois par mois, c’est d’emblée 1,5% de votre quota annuel de 2 tonnes de CO2 par an (pour respecter les accords de Paris) qui s’envole 3. Oups, à ce rythme-là, le budget CO2 va être compliqué à gérer.

Cela fait donc quelques années que je m’efforce de plus en plus d’aller à vélo faire les courses. Les paysages de la vallée de Chevreuse sont jolis et cela rend l’effort agréable. Au début, c’était pour prendre l’air en allant chercher du pain (2 fois 12 minutes à vélo ça reste raisonnable), et de plus en plus pour faire des courses plus significatives à l’aide de bonnes sacoches.

Bien sûr, on a toujours besoin d’aller dans un supermarché en voiture, mais moins souvent qu’avant. C’est surtout pour le plus volumineux et quelques produits moins faciles à trouver dans les petites surfaces. Et puis la motivation manque parfois, soit à cause de la météo, soit à cause du dénivelé (selon la direction choisie), ou juste pas le courage…

Ma proposition pour le concours s’appelle « En selle Choisel ! ». L’idée à l’origine est de palier au problème de motivation, en faisant ses courses à vélo à plusieurs tout simplement. Outre l’intérêt en terme de lien social, en creusant l’idée, je me suis rendu compte qu’on pouvait l’articuler sur d’autres aspects tout aussi importants : favoriser le commerce local et les circuits courts, promouvoir les mobilités douces, améliorer l’entraide entre voisins et la solidarité avec les personnes dépendantes, faciliter les réparations plutôt que l’achat et mutualiser des biens onéreux comme les vélos cargos. Sans oublier la santé : améliorer la qualité de l’air avec moins de pollution émise localement (CO2, particules fines et dioxyde d’azote).

Voici donc ma proposition avec l’aide de Florent qui a bien voulu jouer au figurant pour mettre en situation ces idées et suggérer des améliorations aussi 🙂 N’hésitez pas à faire part de vos commentaires !

L’enjeu des métaux rares

Je viens de finir de lire « La guerre des métaux rares », que 50 Partners Impact a eu la bonne idée d’offrir à ses partenaires. Merci à eux car le sujet mérite effectivement une bonne sensibilisation, tant nous sommes devenus dépendants de ces quelques grammes de métaux rares. Ils sont en effet à la base de la miniaturisation de tous nos composants électroniques depuis plusieurs décennies.

Le livre met en avant un paradoxe dont on a souvent à peine conscience, ou qu’on préfère ne pas savoir : les technologies « propres » (éolien, photovoltaïque, voiture électrique, l’informatique en général, etc.) qui doivent nous permettre de réaliser notre transition énergétique s’appuient sur l’extraction de métaux rares qui engendre une très forte pollution. J’aime beaucoup une expression du livre, qui qualifie de « dette écologique hors bilan » la pollution que nous générons ailleurs en fermant les yeux.

Nous avons préféré laisser d’autres pays (la Chine en l’occurence) faire le sale boulot. Non pas par manque de minerai en France (notre sol contient nombre de ces minerais). Mais car nous avons cru à une société tertiairisé et avons laissé notre pays se désindustrialiser, en même temps que nous étions de moins en moins prêt à accepter le coût écologique sur notre territoire de l’extraction de ces minerais devenus indispensables dans notre vie quotidienne.

L’auteur aborde en profondeur les conséquences géopolitiques et économiques de l’importance des métaux rares, notamment la puissance acquise par la Chine qui s’est emparée de ce marché très intelligemment. Mais je retiens surtout qu’il met le doigt où ça fait mal : le coût énergétique et écologique de l’extraction des métaux rares laissent une grosse interrogation sur la pertinence à long terme des énergies renouvelables si elles sont appelées à prendre une part importante de notre mix énergetique.

Sobriété choisie

On discutait hier de voitures avec des amis, et cela étonne encore que j’ai pu faire le choix de troquer une Porsche récente contre une voiture électrique (une Leaf II en l’occurence). Et dans la pratique, d’être passé au vélo pour l’essentiel de mes déplacements.

Un an plus tard, je dois dire que cette voiture ne me manque pas. Je n’éprouve pas de regret non plus, tout juste un peu de nostalgie, dans le sens où je mesure à quel point ces années à rouler dans un cabriolet sportif appartiennent à un autre temps, révolu pour pleins de raisons .

J’ai trouvé un début de réponse à mon choix après avoir regardé cette semaine une conférence de Jancovici à Centrale Nantes, intitulée L’Homme et l’énergie, les amants terribles. Un peu plus longue que CO2 ou PIB : il faut choisir, elle n’aborde pas le débat du nucléaire, mais développe plus celui sur les métiers de service et l’urbanisation, tout aussi passionnant.

Un passage a retenu mon attention, quand il explique qu’entre la sobriété et la pauvreté, la principale différence réside dans le fait que la première est choisie, quand la seconde est subie.

Comme il me semble inéluctable que nous allons vers un monde de restrictions et de limitations, que ce soit pour des raisons énergétiques ou climatiques (ou sanitaires…), cette nuance prend tout son sens : je préfère de loin choisir la sobriété maintenant, que de me voir imposer la pauvreté1 plus tard.

Quand bien même ces premiers efforts aujourd’hui ne seront probablement pas suffisants, ils rendront d’autant moins douloureuses les restrictions imposées à l’avenir. Aucun regret sur mes choix donc, et je compte bien continuer dans cette voie.

Recommencer à coder

Voilà 9 mois que j’ai recommencé à programmer, depuis que j’ai rejoins Zenride en juillet dernier, pour qui j’occupe le poste de directeur technique (j’y reviendrais dans un autre article). Me voilà donc à nouveau plongé dans le code à longueur de journée !

Ce n’est pas un souci car au fond j’ai toujours aimer coder. J’ai commencé au lycée je crois, et dès la première, à l’été 2003, une agence Web m’avait fait confiance pour travailler l’été (coucou Stéphane !). Le hasard a fait que pendant mes études d’ingénieur, j’ai co-fondé Owlient, dont le succès m’a amené au bout d’un an à m’éloigner du code. Si j’ai passé la douzaine d’années suivante dans des fonctions de direction générale, j’ai toujours été proche au quotidien des équipes produisant les logiciels (ingénieur, chef de projet, directeur artistique, graphiste, etc…). C’est ce qui m’a amené l’an dernier à réaliser que ce qui me plait le plus, c’est concevoir un produit, et en être responsable.

Après 9 mois à concevoir et surtout développer, je me rend compte que j’aime toujours ça, pas de doute ! Et surtout, je comprend mieux les enjeux du métier après avoir géré des équipes de production. Il y a beaucoup de choses que je savais, mais que je n’avais pas vécu personnellement. Maintenant je les comprends 🙂

Voici donc en vrac quelques réflexions qui me sont venues lors de ces derniers mois. Cela paraitra sûrement évident pour beaucoup, mais ça va mieux en le disant !

Mon poste de travail pendant le confinement. Je suis content d’avoir récupéré un écran juste avant…

Concentration

J’ai très vite réalisé à quel point ce travail demande beaucoup de concentration. À Owlient, Vincent avait trouvé la notion de tâche atomique, qu’il invoquait régulièrement pour ignorer royalement mes demandes de réunion. Maintenant je comprends ! Quand on est dérangé, cela coûte en temps pour se re-concentrer, pour retrouver le fil. Mon cauchemar, c’est la journée avec une réunion à 10h30 et une autre à 15h… J’ai besoin d’avoir des demi-journée, idéalement des journées pleines pour travailler sérieusement et efficacement.

Importance du sommeil

Il n’est jamais bon de manquer de sommeil, quelque soit le métier. Mais quand celui-ci demande justement de la concentration, c’est critique. J’ai vite réalisé l’impact du sommeil sur mon travail. Non pas que je travaille moins en quantité si je manque de sommeil. Mais je suis moins concentré, je manque d’attention, et cela se traduit par plus de bug, et au global plus de temps pour faire ce que j’ai à faire. Quand on parle de productivité, il n’y a pas que les outils, les environnements de travail ou le management. On peut commencer par un bon sommeil 🙂

Technique et business

Être dérangé c’est une chose. Mais être dérangé pour des questions business demande en plus de jongler entre deux univers de pensées très différents. Étant associé chez Zenride, on a quotidiennement des discussions sur le business et ses enjeux, c’est inhérent au rôle de fondateur. Cela me passionne toujours autant et je suis à l’aise avec cela. Mais je n’avais pas réalisé qu’en tant que directeur technique, on avait tout un autre monde à penser, et que passer de l’un à l’autre, à fortiori plusieurs fois par jours, demande beaucoup d’effort pour se concentrer sur l’un ou l’autre.

Tester et implémenter

Voilà typiquement quelque chose que je savais, mais que je ne comprenais pas (ou n’admettais pas !). Je parle de la différence entre tester une solution, et l’implémenter complètement dans un système d’information. Qui n’a pas entendu les fameux “notre API se branche en quelques minutes”, “notre outil s’intègre en quelques heures”, etc. Et moi j’y croyais quand j’étais du côté du demandeur 🙂 Souvent ce n’est pas faux d’ailleurs, c’est très rapide de “faire joujou” avec et comprendre le fonctionnement. Et puis après, il y a l’intégration propre dans le système d’information de façon pérenne, avec toute sa logique métier. Et là, on change radicalement d’ordre de grandeur en terme de délai…

Solution sans problème

Même si j’ai toujours codé un peu et me suis tenu informé sur le développement Web, cela relevait du passe temps, et j’ai donc du me remettre rapidement à niveau. Ce n’est pas évident cela dit de faire le tri dans toutes les technos “à la mode” et distinguer ce qui est réellement utile dans mon cas, de ce qui relève du nice-to-have. Cela commence par être réaliste sur les besoins réels de “scalabilité” du logiciel, et ne pas sur-architecturer. Aussi sexy et en vue soit une solution ou une technologie, si je ne constate pas le problème qu’elle adresse et n’ai pas de conviction que je vais le rencontrer à court ou moyen terme, alors je ne l’utilise pas. J’essaye de m’en tenir à ce bon sens, car étant pour l’instant seul à développer, je n’ai pas d’autres choix que de faire simple.


J’aurai sûrement d’autres réflexions au fur et à mesure que j’avancerai dans ma seconde vie de développeur 🙂

Page 1 of 38

Blog d'Olivier Issaly & Thème basé sur Lovecraft