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Blog d'Olivier Issaly

1000 kms sur la Vélodyssée : retour d’expérience

Après des premières vacances cyclotourisme en 2020, nous avons renouvelé l’expérience cet été ! C’est ainsi que nous avons arpenté la Vélodyssée pendant 1040 kilomètres, en partant de Hendaye pour finir à Nantes. Autant que possible, nous avons appris de nos erreurs de l’an passé. Bon, on en a fait encore certaines, et aussi des nouvelles, mais globalement, c’était de super vacances !

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De l’importance de l’équipement

Pas de tandem prêté par un ami cette fois-ci, nous avons chacun pris notre vélo personnel (« musculaire »). Le gros avantage fut de pouvoir mettre nos vélos non démontés dans les emplacements réservés du TGV, et donc de pouvoir faire Paris-Hendaye en 4h. Malgré la réservation payante obligatoire, autant vous dire qu’il vaut mieux arriver tôt avec ses vélos, et se battre un peu pour défendre son emplacement… Le service a ses défauts et doit être amélioré, mais remercions quand même la SNCF pour cette option qui ouvre plein de possibilités de voyage à vélo !

Oui, on a payé pour cet emplacement \o/

Comme l’an dernier, nous avions réservé tous nos hébergements, en chambre d’hôte, AirBnB ou hôtels parfois. Cela a l’avantage de ne pas se poser de questions ni stresser le soir, car on sait où on dort. Et cela fixe un objectif pour la journée (une ou deux fois, on se serait arrêté avant je pense…).

Cela aurait pu nous jouer des tours lors d’une avarie mécanique. Lors des 3 premiers jours, j’entendais que le vélo de Florent avait un bruit de roulement assez étrange quand même à chaque coup de pédales. Quand je l’ai emprunté pour me faire une idée moi-même, je n’étais plus serein sur la suite du voyage… La roue commençait à vaciller, elle avait un jeu latéral qui devenait conséquent. En fait, avec le poids des sacoches, l’axe de roue s’était cassé ! Heureusement, nous avons pu réparer cela à Biscarosse, en attendant seulement 2h chez un loueur saisonnier qui nous a changé la roue entière (à défaut d’avoir seulement l’axe en rechange).

La plus grosse erreur l’an dernier concernait les distances quotidiennes. Cette fois-ci, nous avions mesuré plus précisément à l’aide de Geovelo, pour se limiter à 70kms par jour. Seulement voilà, dès le deuxième jour, Florent, qui se plaignait avant de partir de ces vacances trop « sportives », s’est dit que quitte à faire 870kms (prévus à l’origine), autant viser les 1000 ! Et donc à coup de petit détour pour des visites, nous avons fait 80kms par jour en moyenne.

Personnellement, les jambes ont bien suivi; en tout cas, c’est seulement une fois arrivés que je me suis rendu compte de l’état de fatigue ! Par contre, j’ai eu comme l’an dernier une douleur à l’épaule droite… Je pensais que c’était dû à la position du tandem Hase Pino l’an dernier, mais cette fois-ci j’avais mon vélo du quotidien à Paris, je ne m’y attendais donc pas.

On s’est arrêté chez un autre loueur, pour ré-hausser la potence et soulager ainsi un peu mon épaule, mais le mal était fait, et autant dire que les 300 derniers kilomètres ont été parfois difficiles. En réalité, mon vélo est probablement une taille trop grande (L au lieu de M, je suis entre les deux en taille), et il m’a fallu aussi changer pour une potence plus courte en arrivant, pour que cela tire moins sur les épaules.

Clairement, on néglige trop l’importance de la position sur le vélo, d’autant que cela se joue à coup de centimètres de réglages par-ci par-là. Le reportage récent de Biclou explique bien cela, ne prenez pas ça à la légère si vous partez sur de longues distances ! C’est d’autant plus vrai pour un vélo du quotidien, même si vous ne le sentez pas sur des courtes distances…

L’intérêt des véloroutes

Suivre un itinéraire comme la Vélodyssée offre bien des avantages, qui nous ont plus fait apprécier les vacances que l’an dernier.

La signalétique fait déjà gagner énormément de temps. En coupant à travers les campagnes l’an dernier, nous nous arrêtions à chaque patte d’oie pour vérifier l’itinéraire; c’était autant de temps et d’énergie perdus à relancer. Cette année, on a suivi les panneaux sans se poser de question, c’était un gain de temps significatif, et reposant mentalement aussi.

À tel point que les quelques fois où la signalétique de la Vélodyssée était mauvaise, ou bien confuse (comme en Vendée où elle est parfois remplacée par celle de la Vendée à vélo), on a tendance à râler. J’ai pris conscience de cela à plusieurs reprises : une véloroute officielle crée des attentes, et on peut être déçu parfois !

C’est surtout vrai sur les infrastructures. J’ai l’impression qu’on a fait 90% de l’itinéraire sur des pistes cyclables. Autant dire qu’on est vite déçu ou intolérant sur les 10% de voies partagées, vu le risque encouru avec les voitures. On peut même attribuer un carton rouge sur la route de la Corniche entre Hendaye et Saint-Jean de Luz, les pires 5 kilomètres du trajet vu la densité du trafic automobile…

Et parmi les 90% de pistes, toutes ne se valent pas. C’est là qu’on mesure le retard dans les infrastructures, et surtout les mentalités de ceux qui les conçoivent, qui clairement ne font pas de vélo (ou sont masos…). J’ai très souvent eu l’impression d’être balloté d’une piste à droite, puis à gauche, puis à nouveau à droite, sans arrêt. Toujours cette impression qu’on ne sait pas où mettre la piste cyclable, alors on la met où on peut, tant bien que mal, quitte à faire des pistes illogiques ou ridicules parfois.

Surtout, il arrivait très souvent que la piste cyclable en ville soit partagée avec les piétons (sur le trottoir en somme…). Souvent, dans des villes peu animées, ce n’est pas gênant. Mais c’est inadmissible dans les villes balnéaires, comme sur les fronts de mer, où de très nombreux promeneurs marchent sur les trottoirs. C’est source d’accidents ou de conflits, et autant aller rouler sur la route… Carton rouge ici au pont Charles de Gaulle entre Saint Jean de Luz et Ciboure, où malgré 4 voies de voitures, on demande aux cyclistes de mettre pied à terre et d’emprunter le trottoir…

Nous avons vu beaucoup de positif cela dit. Comme les passerelles cyclistes à Hendaye. Ou ce pont réduit à une voie avec un feu, l’autre voie étant dédiée aux cyclistes et piétons (beau courage politique !). Ou ces pistes bien délimitées de la route par des barrières.

Et puis il y a ces nombreuses voies douces, à travers les forêts landaises ou les marais dans les Charentes ou la Vendée. Outre le fait d’être au calme, dans la nature, loin du trafic automobile, ce sont de longues voies avec peu d’intersections. On se fatigue donc moins en évitant de s’arrêter et de relancer, et ces belles sessions de roulage font une grande différence sur la distance qu’on peut parcourir chaque jour, à effort équivalent. Le vrai bonheur étant les anciennes voies ferrées transformées en voies douces, bien que j’y ai éprouvé un peu de nostalgie en imaginant ce que pourrait être les déplacements en France si on avait gardé fonctionnel un tel réseau ferré

L’accueil des cyclotouristes

Étonnamment, nous n’avons pas vu beaucoup d’équipements pour les cyclotouristes sur ces voies douces. Je pensais voir plus de stations de gonflage ou de réparation, ou tout du moins plus fréquemment. Mais un des avantages de la Vélodyssée c’est le grand nombre de loueurs saisonniers sur la côte. Nous nous y sommes arrêtés deux fois (pour la roue et la potence), et ils n’hésitent pas à faire passer les cyclotouristes en priorité pour ne pas les retarder dans leur voyage. Merci à eux !

En partant de Hendaye, nous avons vu un service parfait pour les cyclotouristes : un parking à vélo surveillé (opéré par Wheelskeep). Car le plus gros problème dans ces vacances, ce sont les sacoches. Qu’en faire pendant qu’on visite ou qu’on s’arrête faire une promenade ? Il n’y a malheureusement pas toujours d’endroit ou d’accueil pour les garder. Ainsi, sur la dune du Pilat, j’ai dû prendre avec moi la sacoche avec mon ordinateur portable. Sur ce sujet, carton rouge à la Maison de Georges Clémenceau qui n’a rien voulu savoir pour nos sacoches, malgré le fait qu’ils accueillent beaucoup de cyclotouristes en étant directement sur la véloroute.

Des vacances pour tous

À la différence de l’an dernier, où en coupant à travers les campagnes, nous étions assez seuls, cette fois-ci nous avons croisé beaucoup de cyclotouristes. Ce qui est frappant, c’est la diversité des gens ! Des jeunes à l’arrache (ça m’a rappelé notre Paris-Étretat pendant les études), des familles où les enfants à vélo portaient aussi leurs sacoches, des retraités en autonomie qui prenaient leur temps pour traverser la France. Nous avons même croisé une famille où chaque parent avait un tandem Hase Pino, avec un enfant chacun à l’avant en guise d’assistance !

Ces rencontres avec les autres cyclotouristes avaient parfois lieu lors des pauses déjeuners, sur des coins pique-niques. Les premiers jours, nous avons refait l’erreur de l’an dernier en s’arrêtant le midi dans des restaurants (trop contents d’être en vacances !), ce qui fait de trop longues pauses et alourdi au redémarrage… Très vite, on a repris la bonne habitude (conseillée par les pionniers du cyclotourisme) : faire des pauses courtes et plus fréquentes, en étalant son repas au cours de la journée.

Au final, comme l’an dernier, j’ai trouvé que ces vacances à vélo permettent de bien déconnecter, probablement plus que les vacances « road trip » qu’on faisait avant. On prend plus le temps de profiter des paysages, et à pédaler toute la journée, on ne réfléchit pas trop 🙂

La fin des Landes : en face, Royan, qu’on rejoindra par le bac

Si ces vacances vous tentent, le plus important c’est de ne pas trop prévoir en kilomètre, pour ne pas présumer de ses forces déjà, mais aussi pour se laisser le temps de visiter ou de rester plus longtemps à un endroit. Pour récupérer, nous avons fait 2 jours de repos sur 15, et en restant deux nuits au même endroit (près de la plage en l’occurrence), c’était indispensable !

En tout cas, je recommande de débuter par une véloroute en France : cela simplifie grandement l’organisation, et les sites comme celui de la Vélodyssée listent déjà à chaque étape ce qu’il est intéressant de visiter.

Un dernier conseil si vous optez pour la Vélodyssée sur la côte Atlantique : il est plus malin de suivre le sens officiel du nord au sud. Pour rejoindre un évènement familial à Nantes fin août, nous l’avons faite du sud au nord, mais autant dire qu’au mieux nous avons eu le vent en latéral, bien souvent de 3/4 face, et régulièrement de face ! Oui, déjà l’an dernier nous avions fait la baie du Mont St Michel d’est en ouest… Peut-être on apprendra enfin lors d’un troisième voyage ! 🙂

Bien arrivés !

Refuser, dé-prioriser, simplifier

Voilà maintenant bientôt de deux ans et demi que je développe et maintient le système d’information qui permet de gérer l’activité de Zenride. Coordonner toutes les parties prenantes de notre activité (salarié, gestionnaire de flotte, vélocistes, bailleurs) s’est révélé plus complexe que je n’imaginais1.

Et pourtant, malgré la croissance forte que l’on a connu, je suis toujours seul sur le développement2. On a envisagé dès le début d’étoffer l’équipe, et on s’est reposé la question à l’occasion de potentiels nouveaux projets, mais jusque là, c’est passé !

Je ne m’estime pas meilleur programmeur que la moyenne, pas nécessairement le plus rapide non plus, et je suis bien conscient des imperfections du projet. Alors c’est quoi la recette ? Je pense que l’erreur souvent commise est de réfléchir aux moyens, au lieu de mettre plus d’énergie sur les besoins. Pour éviter cet écueil, je garde en tête trois règles simples, dans cet ordre : refuser, de-prioriser, simplifier.

Refuser

Dire non à une demande de fonctionnalité est théoriquement le plus facile, et pourtant c’est peut-être le plus difficile.

Quand il s’agit de demande émanant d’un client, cela demande une bonne maturité pour jauger si cela sera utile aussi pour d’autres clients ou si on peut gagner le client tout en refusant cette demande. Certaines demandes s’écartent aussi de la proposition de valeur du produit et de la société, n’apportant rien à la cible habituelle.

Il est tout aussi difficile de dire non à des idées en interne, de nouveaux projets, d’activités annexes, de fonctionnalité, etc. Ce ne sont pas les méthodes qui manquent pour déterminer si cela est pertinent ou pas pour la société, mais souvent l’enthousiasme des entrepreneurs l’emportent sur la rigueur.

Savoir dire non fait partie du quotidien d’un dirigeant. Je vois cela comme une compétence clé car cela aide à rester concentré et ne pas se disperser. D’expérience, le focus est un facteur majeur de succès.

Dé-prioriser

Si on ne peut pas dire non, la seconde option est de dé-prioriser. A-t-on une contrainte de date réelle ? Est-ce aligné avec nos objectifs business à court terme ? Que risque-t-on à le reporter à plus tard ?

Dé-prioriser à une grande vertu : avec le temps qui coule, cela permet de s’apercevoir qui a vraiment besoin de ce développement. C’est toujours amusant de s’apercevoir que la société poursuit sa croissance malgré que certaines fonctionnalités qui nous semblaient critiques il y a 6 ou 12 mois, n’aient pas encore été développées…

Si vous êtes à l’aise avec la prise de risque, et capable d’être agile pour réagir rapidement si besoin, laisser couler le temps est un très bon outil pour juger des priorités !

Simplifier

Quand on ne peut plus dire non, ni dé-prioriser, il reste un dernier levier : simplifier fonctionnellement. Ok pour le faire, mais pas cette usine à gaz là, on va simplifier !

Quelque part, cela revient à refuser et dé-prioriser, à l’échelle de la fonctionnalité. A-t-on vraiment besoin de tout faire ? N’essaye-t-on pas de régler un problème qui ne s’est pas vraiment encore posé ? A-t-on besoin de toutes ces données, de toutes ces validations, de toutes ces interfaces ? Ne peut-on pas découper en plusieurs étapes (ce qui permettra au passage de juger de la pertinence avec les résultats de la première étape) ?

Je n’ai pas vraiment de méthode en tête pour simplifier fonctionnellement. Pour les produits du type système d’information, le nombre de modèles à créer ou modifier peut être un bon indicateur du potentiel de simplification.

Expérience & coût

Appliquer ces trois règles demande au final beaucoup d’expérience. Il faut une bonne autorité pour dire non ou dé-prioriser, et assez de recul sur la vie d’un produit pour estimer à quel point on peut simplifier tout en obtenant les résultats business attendu.

C’est là où un profil sénior fait toute la différence, et je suis convaincu que c’est clé pour une startup qui n’a pas encore atteint son product-market fit. Je vois parfois des fondateurs non techniques s’entourer de profils techniques junior : je pense que c’est une erreur majeure…

Je comprends bien sûr la question du coût. Mais au risque de provoquer, un développeur, ça ne coûte pas cher. Ce qui coûte cher, c’est de développer des fonctionnalités qui ne servent à rien, car mal conçues, ne répondant à aucun besoin, mal communiquées, et qui finissent à la poubelle. Un bon logiciel qui répond à un besoin permet de tels effets de levier que l’enjeu à mon sens est de bien évaluer les demandes, plus que de se concentrer sur le coût du développeur3.

Ces trois petites règles ont beaucoup de valeur au début de la vie d’une startup, où le product-market fit n’est pas clairement atteint et où les moyens sont limités4.

À Zenride, nous sommes en train de tourner cette page, puisque le product-market fit est clairement derrière nous, et que nous pouvons investir significativement pour conquérir le marché. Du coup, je recrute 😉

Faire ses courses à vélo

Cela fait maintenant plusieurs années que nous avons commencé, petit à petit, à faire nos courses à vélo. Bien que le cadre de la vallée de Chevreuse soit superbe pour faire du vélo, d’un point de vue pratique ce n’est pas si évident. En terme de distance, nous sommes à :

  • 2 kms d’une jardinerie où on trouve de plus en plus d’alimentaire (primeurs, épicerie, laiterie, fromagerie, charcuterie, boucherie, boissons, etc). Pratique (ouverte le dimanche après-midi) mais chère…
  • 5 kms de deux supérettes (Petit Casino de Cernay et Carrefour Market de Chevreuse) et des petits commerces (boulangerie, boucherie, etc.)
  • 5 kms environ de plusieurs producteurs locaux (fruits & légumes, laits/fromages, farine & pains, etc.)
  • 9 kms de trois supermarchés de taille standard (Gometz, Gif et Magny)

Pourquoi s’embêter alors à faire ses courses à vélo ? En voyant le débat déclenchée par un commerçant ayant dit que « personne ne fait ses courses à vélo », je me suis dit que ce serait intéressant de lister les objections.

Courses d’appoint pendant le premier confinement

« Oui, mais quand il pleut ou en hiver… »

Commençons par clarifier un point important : ce n’est pas parce qu’on peut aller faire ses courses à vélo, qu’on est obligé de toujours faire ses courses à vélo. On est comme tout le monde, il y a des fois on est pas motivé, on est fatigué, il fait vraiment pas beau, et on prend notre voiture.

Nous avons commencé par faire des petites courses d’appoint de temps en temps, quand il faisait beau, et petit à petit nous avons fait de plus en plus de courses. Mais nous ne faisons pas 100% des courses à vélo.

Comme on dit, il n’y a pas de mauvais temps, il n’y a que des mauvais équipements. Par une belle journée d’hiver, il suffit de mettre un bonnet et des gants et profiter. S’il y a des risques d’averses, on prend une veste de pluie, voire le sur-pantalon de pluie dans la sacoche. Puis contrairement au vélotaf, on n’a pas forcément d’horaire à respecter. S’il pleut le matin et pas l’après-midi, on s’adapte. Et comme j’aime bien le rappeler : on est pas en sucre, ce n’est pas une averse imprévue qui va nous abattre 🙂

« Oui, mais ça prend plus de temps »

Tout dépend de la distance en fait. Je pense qu’à moins de 5 kms, la différence de temps est minime, surtout si le stationnement en voiture n’est pas évident.

Dans notre cas, pour aller au supermarché à 9 kms, on met 30 minutes aller-retour en voiture, contre 1h15 à vélo aller-retour. Soit effectivement 45 minutes de plus à vélo.

Mais on voit ces 45 minutes comme un temps de promenade à vélo et d’exercice physique, où on s’aère l’esprit aussi. Plus je fais du vélo, pour aller au travail ou faire des courses, moins j’éprouve le besoin d’aller courir ou marcher par exemple (surtout quand on télétravaille). L’un dans l’autre, ça ne me prend pas plus de temps de faire mes courses à vélo donc.

Le temps peut être un souci pour ramener des produits surgelés en plein été, mais c’est un cas rare, et on regroupe nos courses de surgelés en une fois à ce moment là, en y allant en voiture. Par une belle journée d’hiver bien froide, on a déjà testé le retour à vélo depuis un magasin de surgelé en 30 minutes, aucun soucis 🙂

« Oui, mais on peut ramener moins de courses »

Là aussi, tout est question d’équipements. Mais d’abord, rappelons un chiffre utile à garder en tête : un sac de courses réutilisable c’est environ 30L en terme de volume.

Quand j’étais étudiant, faute de voiture, je faisais mes courses à vélo avec deux sacs à dos : un sur le dos, un sur le porte-bagages avec un tendeur. Selon la taille de vos sacs à dos, cela représente entre 1,5 et 2 sacs de courses déjà.

Le mieux est de s’équiper de sacoches de vélos, qui se clipsent sur le porte bagage. Une sacoche de 25L équivaut presque à un sac de courses en terme de volume. Et si vous ajoutez un panier à l’avant (25L), vous gagnez encore l’équivalent d’un sac.

Dans notre cas, nous avons aussi une carriole pliante Trenux, qui nous permet de gagner 60L de volume, soit 2 sacs de plus. Elle est très pratique car elle nous permet à l’aller de rouler normalement sans carriole à vide. J’ai découvert aussi des modèles bien pensés de caddies qui se fixent à l’arrière du vélo (60L aussi environ).

Retour de courses avec la carriole

Il est possible également de fixer deux sacoches à l’avant du vélo, comme les grands voyageurs à vélo, ce qui nécessite un porte bagage avant.

Le top du top évidemment, c’est le vélo cargo, mais on change de catégorie de budget ! Restons-en sur les petits équipements et faisons le bilan en terme de volume potentiel :

  • 2 sacs à dos (sur le dos et porte bagage) : 2 x 20L
  • 2 sacoches sur le porte bagage : 2 x 25L
  • Une carriole ou caddie ou 2 sacoches avant : 60L
  • Un panier à l’avant du vélo : 25L
  • Soit un total de 175L

175L, on est plus loin du volume de coffre d’une petite citadine comme les 108/C1 ou Twingo. Cela représente surtout environ 6 sacs de courses réutilisables. Précision importante : on parle bien de L et pas de kg, vous n’êtes pas obligé de ramener 175L de lait 🙂

La question qui vient aussitôt est : combien de sacs de courses remplissez-vous ? À deux, sans enfants, on constate qu’on remplit 2 à 3 sacs de courses chaque semaine. En théorie on n’aurait même pas besoin de la carriole, mais elle est pratique pour les éléments lourds ou volumineux (packs de lait, etc.).

Selon la distance et volume, on peut ajuster la fréquence des courses, c’est une autre façon de s’adapter.

« Oui, mais c’est fatiguant le vélo »

Certains de nos trajets se font sur un plateau, sans dénivelé, et c’est par là qu’on a naturellement commencé à faire nos courses. Sur du plat, une ou deux sacoches remplies, ça n’est pas trop gênant.

Bien sûr, avec 175L évoqués plus haut, ou du dénivelé, ça devient plus sportif. On a un vélo à assistance électrique qui même s’il n’est pas très puissant, facilite les choses. Bien que dans la section de côte à 18% pour arriver à la maison, avec la carriole pleine, il faut bien pédaler quand même !

Cela dit, il m’arrive régulièrement de prendre malgré tout mon vélo classique car justement, j’ai envie de faire un peu de sport. Comme pour la question du temps, c’est une manière de joindre l’utile à l’agréable, et d’avoir ma dose d’exercice physique de la semaine tout en faisant les courses. Et comme pour la course à pieds, plus on pratique, plus l’effort est facile.

Les avantages dans tout ça…

Listons quand même les avantages de faire ses courses à vélo :

  • On s’aère l’esprit en faisant du vélo
  • On fait un peu d’exercice physique
  • On réfléchit plus à ce dont on a réellement besoin avant de partir (même si en pratique, on ne s’est jamais retrouvé à manquer de volume)
  • Cela favorise le commerce de proximité, qu’on redécouvre pour limiter les distances
  • Cela fait des trajets en voiture en moins. Si vous voulez faire votre part du travail pour viser les 2 tonnes de CO2 par an par habitant, cela y contribue

Comme souvent, on a tendance à sous-estimer ce qu’on peut faire avec le vélo, surtout si on s’équipe correctement (tenue de pluie et sacoches par exemple). Et comme pour la question de la voiture électrique, il faut sortir de la logique du moyen de transport devant absolument couvrir 100% des cas d’usage. On s’aperçoit alors que le vélo est très utile et agréable, pour les courses notamment 🙂

Une seconde vie pour MyAtlas

Cette fin d’année aura été marquée par la fin de l’aventure MyAtlas pour ce qui me concerne. La société est en effet entrée en liquidation en novembre, qui a aboutit à la reprise des actifs par un entrepreneur dans le numérique. La bonne nouvelle est que le site va continuer à vivre, c’est un soulagement pour la communauté, et pour moi même vu l’investissement que cela représente (en énergie, temps et capital) depuis 2015 déjà.

En pratique, cela fait depuis mai 2019 que j’ai cessé de travailler à plein temps sur MyAtlas. Malgré une dernière tentative sur un modèle d’agence de voyage, nous n’étions pas parvenu à trouver un modèle économique viable, et par conséquent il était devenu difficile de se refinancer aussi. Le site a continué à vivre ainsi (les revenus payant les frais d’hébergement) mais les dernières échéances d’un prêt BPI nous ont obligé à entamer la liquidation (eh oui, la BPI arrose en prêts, mais il faut bien rembourser un jour !).

En me replongeant dans MyAtlas récemment et avec plus de recul, je mesure mieux toutes les erreurs que nous avons faites au cours de ces années. Ce serait un peu long à développer dans un seul post, j’y reviendrai probablement plus tard. Ces erreurs sont cela dit autant de leçons apprises qui sont toujours utiles dans d’autres contextes. La liquidation en tant que telle nous a aussi beaucoup appris sur les outils à disposition du gérant pour faire face aux difficultés. Ce fut la dernière leçon de l’histoire : ne pas attendre la cessation de paiement (surtout si il reste encore un peu de trésorerie), il existe d’autres outils pour sortir par le haut (comme la conciliation et le pré-pack cession).

En décidant d’arrêter MyAtlas en mai 2019, j’avais envie de revenir vers mon métier d’origine de développeur, et par un heureux hasard j’ai ainsi rejoins Zenride. On va pas se mentir : je suis bien content désormais de travailler dans l’industrie du vélo, qui se porte infiniment mieux que celle du voyage…

Une page s’est tourné donc, et j’en profite pour remercier Hervé qui a repris MyAtlas et permis ainsi que le site entame une seconde vie !

En selle Choisel !

Le conseil municipal de Choisel fraichement installé, la commission environnement & mobilité s’est mise au travail et une des premières actions est un concours nommé Choisel 2030. L’idée est que chacun puisse exprimer sa vision d’un futur désirable pour notre village, autour des thèmes suivants : alimentation, mobilité, énergie, eau, paysage, cadre de vie. N’étant pas à court d’idées, voici ma proposition1.

Un peu de contexte déjà : Choisel est un village de 500 et quelques habitants, où les premiers commerces se trouvent à 5 km minimum. La situation va changer un peu avec l’ouverture d’une auberge2 qui aura un coin épicerie. Contrepartie intéressante de cette situation « rurale » : nous avons plusieurs fermes et producteurs locaux dans ce rayon de 5 km.

Dans ce contexte, la voiture est le premier réflexe pour se déplacer. Mais le moindre déplacement a son coût. Si vous oubliez le pain ou une autre course, c’est tout de suite 10 km parcourus. Si vous êtes étourdi(e)s deux fois par mois, c’est d’emblée 1,5% de votre quota annuel de 2 tonnes de CO2 par an (pour respecter les accords de Paris) qui s’envole 3. Oups, à ce rythme-là, le budget CO2 va être compliqué à gérer.

Cela fait donc quelques années que je m’efforce de plus en plus d’aller à vélo faire les courses. Les paysages de la vallée de Chevreuse sont jolis et cela rend l’effort agréable. Au début, c’était pour prendre l’air en allant chercher du pain (2 fois 12 minutes à vélo ça reste raisonnable), et de plus en plus pour faire des courses plus significatives à l’aide de bonnes sacoches.

Bien sûr, on a toujours besoin d’aller dans un supermarché en voiture, mais moins souvent qu’avant. C’est surtout pour le plus volumineux et quelques produits moins faciles à trouver dans les petites surfaces. Et puis la motivation manque parfois, soit à cause de la météo, soit à cause du dénivelé (selon la direction choisie), ou juste pas le courage…

Ma proposition pour le concours s’appelle « En selle Choisel ! ». L’idée à l’origine est de palier au problème de motivation, en faisant ses courses à vélo à plusieurs tout simplement. Outre l’intérêt en terme de lien social, en creusant l’idée, je me suis rendu compte qu’on pouvait l’articuler sur d’autres aspects tout aussi importants : favoriser le commerce local et les circuits courts, promouvoir les mobilités douces, améliorer l’entraide entre voisins et la solidarité avec les personnes dépendantes, faciliter les réparations plutôt que l’achat et mutualiser des biens onéreux comme les vélos cargos. Sans oublier la santé : améliorer la qualité de l’air avec moins de pollution émise localement (CO2, particules fines et dioxyde d’azote).

Voici donc ma proposition avec l’aide de Florent qui a bien voulu jouer au figurant pour mettre en situation ces idées et suggérer des améliorations aussi 🙂 N’hésitez pas à faire part de vos commentaires !

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