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Blog d'Olivier Issaly

Auteur : Olivier Issaly (Page 1 of 37)

Faire un long trajet en voiture électrique

Cela fait un an que je suis passé à la voiture électrique. Constatant que l’essentiel de mes déplacements étaient en Île de France, cela m’a semblé le plus approprié.

Mon choix s’est orienté à l’époque sur la Nissan Leaf II, disposant d’une batterie de 40 kWh, avec une autonomie annoncée de 270 kms en cycle WLTP. Parfait pour les déplacements dans la région parisienne, et surtout, suffisant pour aller chez mes parents dans le Maine & Loire, à 250 kms environ, ce que je fais régulièrement. D’emblée j’ai fait une croix sur les très longues distances, considérant que c’était au final assez rare dans mon cas (une fois par an, et encore).

Pour ce qui est des déplacements en Île de France, la voiture est parfaite. J’ai pu installer une borne à la maison qui permet de recharger en 6h, ce que je fais chaque week-end. L’autonomie n’est pas un sujet, je n’y pense même plus en fait. Je fais essentiellement du péri-urbain (très peu de ville, j’évite Paris), et la voiture est semblable à n’importe quelle autre, le bruit en moins 🙂 D’ailleurs, sur les nouveaux revêtements anti-bruit, on a l’impression d’être sur un tapis volant !

La Leaf II est une compacte très agréable à conduire, surtout avec la e-Pedal.

 

On oublie l’autoroute…

Pour ce qui est des longs trajets, comme aller chez mes parents, j’ai en revanche vite déchanter. Il faut bien avoir en tête que l’autonomie annoncée de 270 kms correspond à un cycle mixte (WLTP). On peut faire plus en poussant à l’extrême (comme ce test sur le périhérique de Paris), mais personnellement je fais rarement plus de 250 kms avec une conduite mixte justement.

Sur autoroute la voiture n’a aucune difficulté à 130 km/h, en revanche la consommation explose complètement. Sur le papier, ce problème est compensé par la présence sur les aires d’autoroutes de super-chargeur, qui dans le cas de la Leaf, permettent de récupérer 80% de la batterie en 40 minutes.

Dans mon cas, que ce soit à l’aller ou au retour, je me suis retrouvé à m’arrêter deux fois pour charger. Je suis tombé à l’aller sur une première borne défaillante qui coupait à chaque fois au bout de 5 minutes de charge.

Même sans cet incident, je n’étais pas confiant de le faire avec un seul arrêt. Comme je roule très rarement à 130, j’ai l’impression que l’historique de consommation ne reflétait pas ma consommation à venir. Et du coup, l’autonomie annoncée n’était jamais respectée : quand la voiture m’annonçait 100 kms d’autonomie, 20 kms plus loin, elle ne m’en annonçait pas 80 mais 70 voire 65. Très difficile d’être serein… Il y a sûrement des ordinateurs de bord plus intelligents mais le fond du problème reste le même : la consommation à 130 km/h flingue l’autonomie.

S’ajoute à cela le fait que les aires de repos sur autoroute sont espacées de 50 kms en général. Cela parait peu, mais quand il ne vous reste que 60 kms, et qu’il s’avère qu’une borne de super-chargeur est en panne et indisponible (ce qui m’est arrivé au retour) ou occupée (ce qui arrive inévitablement), cela devient problématique et carrément anxiogène.

Bilan : j’ai mis 2 fois plus de temps qu’avec une voiture thermique (2 arrêts pour charge), et le voyage fut très stressant.

« On est heureux Nationale 7 »

Suite à cette mauvaise expérience, j’ai ré-tenté l’aventure (oui, on peut parler d’aventure) par la nationale. Moi qui rigolait d’un oncle qui ne jure que par la nationale pour faire Paris-Cholet, m’y voilà aussi !

Premier bénéfice : on roule en alternant entre des villes à 50 km/h et de la nationale à 80 km/h (merci le Premier Ministre, sincèrement), vitesses à laquelle la consommation est optimale. Aucune surprise sur l’autonomie annoncée non plus, qui redevient fiable : quand il reste 100 kms, 20 kms plus loin il vous annonce bien 80 kms restant en autonomie. Ouf !

Deuxième bénéfice : le maillage de borne électrique est en réalité très dense en dehors des autoroutes. Jetez un œil à Chargemap pour vous faire une idée, mais en gros, vous êtes sûrs de trouver une borne dans un rayon de 5 à 10 kms. Pas nécessairement des super-chargeurs, mais de puissance suffisante pour ne pas trop attendre. C’est très rassurant et on roule serein ! Et en ultime recours, vous pouvez toujours vous arrêtez chez l’habitant et brancher sur une prise classique. C’est long, mais toujours mieux que la dépanneuse sur l’autoroute…

Troisième bénéfice : on redécouvre nos belles régions. Dans mon cas, j’ai découvert le Perche, l’odeur de rillettes à Connerré et les bords du Loir en arrivant sur le Maine et Loire. Et fini la gastronomie des aires de repos façon restaurant universitaire, vous pouvez vous arrêter dans n’importe quel bon petit restaurant d’une ville traversée.

Cerise sur le gâteau : il n’y a pas de péage à payer.

Bilan : j’ai mis aussi 2 fois plus de temps qu’avec une thermique par l’autoroute, mais pour un trajet agréable et sans stress.

Une voiture électrique pour le quotidien

Avec du recul, clairement la voiture électrique ne me semble pas adaptée aux longs trajets. Je ne le fais que si j’ai des objets très encombrants à emmener ou ramener de chez mes parents.

Bien sûr, vous pouvez opter pour une voiture avec une batterie plus conséquente (comme la Leaf 60 kWh ou mieux, une Tesla). Mais d’une part, vous serez toujours frustré sur des trajets encore plus longs (étonnement – ou pas – on m’a dit plusieurs fois qu’aller au ski depuis Paris en Tesla, c’était pénible). Et d’autre part, augmenter la taille de la batterie ne fait qu’augmenter le bilan carbone de la voiture à l’achat.

La solution la plus adaptée à mes yeux reste le train, avec éventuellement location de voiture sur place si besoin. C’est ce que je fais quasi-systématiquement désormais.

Du coup, utilisant la voiture essentiellement en région parisienne, je pense qu’une batterie plus petite aurait probablement été suffisante (20 ou 30 kWh comme les premières Zoé). La Leaf II est une très bonne voiture, mais sur-dimensionnée pour mon usage, ayant anticipé des longs trajets que je ne fais pas.

Si on pense à passer à l’électrique, je pense qu’il faut oublier la voiture à tout faire qui couvre 100% des cas d’usage, et accepter une voiture parfaite au quotidien, avec des solutions alternatives quand c’est nécessaire. C’est ce que recommande l’ADEME d’ailleurs : choisir une voiture dont la taille de la batterie est adaptée à la distance domicile-travail, pas aux trajets exceptionnels les plus longs.

 

Update : j’ai corrigé l’autonomie annoncée, car Nissan communique désormais l’autonomie avec la nouvelle norme WLTP et non plus NEDC (qui n’était pas du tout réaliste).

Pourquoi respecter les feux à vélo

Oui je sais, c’est une obligation légale, on ne devrait même pas avoir à évoquer des raisons de la respecter. Pour ma part, cela fait un peu plus de deux ans que j’ai décidé de ne plus griller les feux*, et je n’y vois que des avantages.

Mais je dois bien avouer que je me sens souvent seul au feu, voire un peu bête, la majorité des cyclistes les grillant. Ce n’est pas une question d’âge ni de matériel utilisé ni de type de carrefour, c’est juste généralisé, soyons honnêtes…

Alors voilà à l’usage quelques bonnes raisons de reconsidérer cette mauvaise habitude.

Réduire l’effort

À vrai dire, c’est la première raison qui m’a incité à respecter les feux. J’ai un vélo classique, mécanique, et en plus je ne peux m’empêcher de me donner à fond en vélo. Autant dire que le problème de la transpiration s’est vite posé. J’ai commencé par m’équiper d’un porte bagage pour éviter le sac à dos qui amplifie le problème mais ça ne suffit pas.

Respecter les feux est venu naturellement, car ça me permet de marquer des pauses. Je souffle un peu et j’évite de trop transpirer ainsi. Accessoirement, ça permet de vérifier l’itinéraire sur son téléphone en toute sécurité, au lieu de le faire en roulant (oui, ça m’arrivait aussi).

Être en sécurité

On me rétorque souvent que faire du vélo en ville, en particulier dans Paris, est dangereux. La première réponse à cela est qu’en respectant le code de la route, on se retrouve bien moins souvent dans des situations dangereuses. Étonnant non ?

Fini les situations au milieu d’un carrefour, avancé sur les passages piétons au delà du feu, à jouer avec le pédalier pour pas remettre pied à terre, en attendant de trouver un moment pour se glisser entre deux flots de voitures. Les stops sont aussi étrangement bien moins dangereux quand on a marqué l’arrêt et pris le temps de regarder si d’autres usagers arrivaient.

Apprécier l’architecture

Je fais beaucoup de vélo dans Paris, et la première chose qui m’a frappé en m’arrêtant au feu, c’est l’architecture des immeubles. Pendant quelques dizaines de secondes, vous pouvez lever la tête, et observer les façades d’immeubles.

Et il y a bien plus de détails qu’on ne l’imagine quand on se contente de regarder le bas des immeubles. Je pense en particulier aux ornements bien sûr, au subtil mélange de matériaux parfois ou encore mon préféré, les frontons portant des inscriptions. On a vite fait de replonger dans l’histoire de Paris, quand on voit que les immeubles furent bâtis pour telle société d’ouvrier, pour telle fondation, pour telle communauté ou syndicat, etc.

Avoir la conscience tranquille

Comme on dit, il faut savoir balayer devant sa porte. Alors si vous voulez critiquer librement les autres usagers qui ne respectent pas toujours le code de la route, le mieux est de commencer par le respecter soi-même, et avoir ainsi la conscience tranquille !

L’autre avantage, c’est qu’ainsi vous donner une meilleure image des cyclistes, qui ne sont pas plus au dessus des lois que les autres. Ma bonne action préférée est de m’arrêter au passage piéton, celui sans feu où personne ne s’arrête. Les piétons sont en général tellement agréablement surpris, ça vaut bien un coup de pédale supplémentaire pour repartir !

Ne pas faire aux autres ce qui vous ferait peur

Les cyclistes sont prompts à défendre leurs droits, notamment que leurs pistes cyclables ne soient pas utilisées par les autres usagers, ou qu’on ne les mette pas en danger en les doublant.

En respectant les feux, vous permettez aux piétons de traverser en toute sécurité, sans avoir à se demander si un vélo (ou autre usager) ne va pas les mettre en danger. Ne faites pas aux usagers plus vulnérables que vous, ce qui vous ferait peur de la part d’usagers moins vulnérables (auto, moto, scooter, etc.).


Encore une fois, la meilleure attitude est de considérer que la loi est ainsi, et qu’il faut la respecter. Elle permet à tous les usagers de profiter des mêmes infrastructures en toute quiétude. On en est loin à Paris, je sais, mais on peut rêver 🙂

* fiable à 99%, j’ai des moments de faiblesse encore…

Précisions suite aux commentaires :

  • j’ai un vélo pliant Strida très léger (9kg), le re-démarrage ne présente pas un effort énorme en pratique.
  • je ne juge pas si les feux sont la meilleure infrastructure dans une ville future avec majoritairement des vélos. Mais aujourd’hui ils sont là, et le code requiert de les respecter.
  • je ne parle pas des panonceaux M12 qui sont bien sûrs légaux. Je parle de griller des feux sans panonceaux M12 (ou dans une autre direction que celle autorisée par le panonceau, ou sans respecter la priorité des autres usagers)

Découverte du Bleisure

En ce jour férié dédié au travail, je vais justement parler du bleisure, la tendance qui consiste à combiner business (le travail) et leisure (les vacances). J’ai découvert ce terme lors d’une présentation d’Expedia l’an dernier, en me rendant compte que je le pratiquais déjà régulièrement.

L’idée est simple : si vous avez un déplacement professionnel prévu en fin de semaine dans une destination que vous ne connaissez pas, pourquoi ne pas étendre le séjour d’une journée ou deux le week-end pour la visiter ? Si vous prenez à votre charge les nuits d’hôtel en plus et les autres frais (repas, visites, etc), cela ne coute pas plus cher à l’employeur, et tout le monde est content. L’idéal étant que la famille ou des amis soient là aussi pour le week-end, avec-vous.

Le bleisure peut ainsi prendre plein de formes, mais l’idée est toujours la même : combiner dans un même voyage une période de travail et une période de vacances. On rentabilise ainsi mieux les temps (et coûts) de déplacement, parfois pesants lors de déplacements professionnels courts.

Petite précision : si vous partez en vacances et que vous êtes obligé de travailler encore car vous avez trop de boulot, ce n’est pas du bleisure à proprement parler, ni vraiment des vacances non plus… À mon sens, le bleisure est choisi, et avec un temps pour le travail, et un temps pour le repos.

Aller en vélo travailler au co-working dans l’île de Ré, c’est cool non ?

Pour ma part, ayant la chance de pouvoir travailler depuis n’importe où, c’est assez facile de combiner travail et vacances. Il m’était arrivé plusieurs fois de prolonger des déplacement professionnels pour un peu de tourisme, bien avant d’entendre parler de cette tendance.

L’an dernier, j’ai fait du bleisure, mais en partant d’un raisonnement différent. Mes beaux-parents possèdent une maison de famille dans l’île de Ré. Idéalement, on aime y aller en demi-saison, juste pour un week-end, mais c’est assez loin de Paris au final pour faire l’aller et retour dans le week-end et vraiment profiter de l’île.

Et pour pouvoir y aller plus longtemps, pour ma part il fallait que je puisse travailler sérieusement, ce qui n’est pas évident sans connexion internet dans la maison (et en général faible sur l’île de toute façon). La solution ? Aller dans un co-working bien sûr ! Et à ma surprise, il en existait déjà deux sur l’île, dont un co-working à Loix, avec une connexion en fibre optique.

Quand un week-end nous tente quelque part, mais que c’est un peu loin, mon premier réflexe est désormais de regarder si il y a un co-working proche. De sorte qu’on puisse partir non pas un week-end mais 4 ou 5 jours, avec 2 ou 3 jours de travail dans un cadre professionnel. Mon ami pose juste des jours en plus et se repose, le chanceux 🙂

J’aime bien cette formule, car on découvre la destination d’une autre façon. On rencontre des gens qui vivent et travaillent ici (comme les insulaires sur l’île de Ré) et cela apporte un éclairage autre que purement touristique.

Si vous avez la possibilité de travailler quelques jours à distance, la formule est idéale. D’autant plus si vous avez la possibilité de bénéficier d’un logement prêté par un membre de votre famille ou un ami 🙂 Plus d’excuses pour ne pas y aller !

Tout le monde est remplaçable

« Tout le monde est remplaçable ». J’ai souvent entendu cette phrase. On me l’a souvent dite quand nous faisions face à des départs clés dans ma première entreprise Owlient, sûrement pour nous rassurer. Et j’ai fini par le croire.

C’est une idée à laquelle il est assez facile d’adhérer en tant que fondateur. Pendant une ou deux années, parfois plus, vous avez porté votre projet à bout de bras avec de multiples casquettes. On pense alors pouvoir surmonter n’importe quel départ d’une personne clé, car après tout, il suffira de rempiler une casquette de plus, on sait faire, non ?

La réalité est bien sûr différente. Un parallèle m’est venu à l’esprit en discutant rénovation immobilière avec ami. Les immeubles ont tous ce qu’on appelle des murs porteurs et d’autres non-porteurs. Mais dans les vieux immeubles, il y a aussi souvent des murs non-porteurs, qui le sont devenus au fil du temps, à force d’enlever une cloison non-porteuse par-ci, de créer des ouvertures dans les murs porteurs par-là, sans parler des mouvements du sous-sol (construction de métro, etc.). L’équilibre de la structure change par petites touches, et des cloisons non-porteuses deviennent porteuses.

C’est un peu la même idée dans une société : avec le temps, on aurait tort de penser que tout le monde est remplaçable. Car c’est s’exposer au risque qu’un pan de l’édifice s’écroule. Et si tout est réparable, ce n’est jamais sans conséquences.

Le temps d’écouter

Il y a deux ans on m’a offert une platine vinyle, qui est venue compléter mon ensemble hi-fi.

Au début, j’étais un peu sceptique sur ma capacité à entendre la différence avec d’autres sources. Et puis on m’avait expliqué aussi que l’intérêt du disque vinyl n’était pas tant que le son soit de moindre ou meilleure qualité, mais simplement qu’il s’agissait de ce son là que le producteur et l’artiste souhaitaient à l’époque. Est-ce à dire qu’il n’y aurait aucun intérêt donc à acheter un vinyl d’un artiste récent ? Par réflexe, mes premiers achats furent plutôt anciens et classiques effectivement (Queen II, Whish You Were Here, même un Hot Buttered Soul).

À l’usage, j’ai trouvé un vrai intérêt à la platine : on est plus ou moins obligé d’écouter tout l’album. Ici, pas de random, pas de playlists, pas d’avance rapide… On se relève juste une fois pour tourner le disque et puis c’est tout, c’est déjà assez fatiguant comme ça 🙂 On est aussi plus à l’écoute du coup, c’est presque une activité à part entière.

Et finalement, cela correspond bien à mon écoute de la musique depuis toujours : je privilégie l’écoute d’albums complets ou de compilations bien construites1. J’apprécie quand il y a eu un choix éditorial et une sélection réalisée par l’artiste, car quand c’est bien fait, ça vaut plus que n’importe quel algo de playlist…

Je continue donc à étoffer ma collection de vinyl, en me concentrant sur des bons albums2. Récemment c’était Vespertine de Bjork, et Blackstar de David Bowie. Il y en aura sûrement d’autres à venir, de toutes époques donc !

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