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Blog d'Olivier Issaly

Auteur : Olivier Issaly (Page 2 sur 36)

La presse start-up en France

Une journaliste de Rue 89 a décidé de se payer la tête de Viadeo, et visiblement ça ne plait pas sur Facebook… Voilà un bon exemple où l’écosystème start-up français doit encore énormément progresser : la presse.

Oui, sur la forme cet article est pénible, avec ce ton gratuit bien français façon « je vous l’avais bien dit »… Maintenant, qu’a-t-on à se mettre sous la dent quand on veut lire quelque chose un minimum critique sur les startups en France ? Pas grand chose à mon goût. On verse plus souvent dans la quantité que la qualité. Alors il est malheureux qu’il faille qu’une société aille vraiment mal pour qu’on parle enfin des problèmes, mais c’est déjà bien d’en parler.

Si je me réjouis que l’entrepreneuriat soit de plus en plus reconnu, ça ne doit pas empêcher de parler des problèmes. Il est bien trop facile de glisser du « acceptons l’échec » au « n’en parlons pas ». Certains entrepreneurs ont le courage d’en parler, mais on manque d’analyse sérieuse de tiers sur le sujet. La « célébration de l’échec » tant en vogue n’a pas à être sélective selon la bonne volonté des principaux concernés.

Enfin, une presse de qualité, ça permettrait de contrebalancer les discours des entrepreneurs, des investisseurs ou des politiques (désormais bien impliqués dans l’écosystème). Entre les fanfarons, les donneurs de leçons et les communicants, il y aurait tant à écrire pourtant !

J’imagine que cela viendra au fur et à mesure que l’écosystème grandira, et qu’apparaîtra alors une presse spécialisée tech/startup, avec un regard critique, une bonne compréhension des technologies et une analyse économique solide. Notre écosystème ne s’en portera que mieux !

Update : Le Monde a écrit Viadeo, un CV trop léger pour conquérir le monde, un article bien plus nuancé et équilibré sur l’aventure Video. Aussi, j’ai écrit un update sur deux exemples de médias startup américains.

Investissement dans les startups

Depuis que j’ai quitté Owlient l’an passé, j’ai pas mal réfléchi (et hésité) sur la façon dont je pouvais investir dans des startups. Bien que ce soit un actif très risqué, c’est un investissement dont je comprends les rouages, ce qui permet de le gérer plus sereinement 🙂

Démarrant actuellement une nouvelle entreprise, j’ai finalement décidé de me fixer une règle de ne pas investir en direct, afin de rester concentré sur mon activité principal. Je n’avais pas fait d’investissement en direct non plus lors de mes 3 ans d’earn-out pour la même raison : rester concentré sur mes objectifs professionnels. De fait, j’ai investi depuis la cession d’Owlient dans 3 fonds, qui interviennent à différentes étapes d’une start-up.

Le plus early-stage est 50 Partners, un accélérateur offrant un coaching assuré par 50 entrepreneurs expérimentés, en échange d’une petite participation au capital. Les Partners sont donc indirectement au capital des starts-up via la structure 50 Partners, ce qui motive pour bien les aider. 50 Partners dispose par ailleurs d’un fonds additionnel, 50 Partners Capital, investissant entre 50k€ et 150k€ dans les starts-up déjà sélectionnées dans 50 Partners.

Vient ensuite Network Finances. Il s’agit d’un fonds d’entrepreneurs dont les tickets se situent généralement entre 100k€ et 300k€. La particularité de Network Finances, c’est que tous les souscripteurs du fonds sont des entrepreneurs, et que le fonds n’investit que si un des entrepreneurs-souscripteurs pourra coacher activement la participation. Ajoutez à cela le réseau et les compétences des autres entrepreneurs, et cela donne une vraie valeur ajoutée pour la start-up.

Enfin, vient Partech Entrepreneur. Il s’agit d’un fonds d’amorçage créée par Partech Ventures, dont une part significative des fonds provient d’entrepreneurs, réunit sous la forme d’un club 4 fois par an pour tisser des liens avec les participations. Les investissements sont plutôt de l’ordre de 300k€ à 700k€. Avec son fonds historique de capital risque et celui plus récent de capital développement, Partech est en mesure d’accompagner la start-up assez loin dans son développement par la suite.

À noter que je ne m’interdis pas d’investir en direct quand c’est au côté d’un des fonds auquel je participe. Le plus important pour moi est de savoir qu’il y a un lead investor qui fera le travail de veiller au bon développement de la participation. De sorte que je reste concentré sur ma société Wenuts.

Lorsque vous m’envoyez par mail ou via LinkedIn des propositions d’investissement, sachez donc que je les regarde à travers les critères des fonds auquel je participe. Si l’un d’eux vous intéresse pour votre start-up, n’hésitez pas à me contacter.

Wenuts : c’est parti !

logo_fond_blancVoilà quelques temps que je travaille sur un nouveau projet, qui a désormais un nom et une launching page : Wenuts !

Avec Wenuts, on veut aider des passionnés à construire et animer une communauté, en leur proposant un service où ils pourront créer un forum de discussion.

Pourquoi des forums, qui sont aussi vieux que le Web ? En fait, il y a eu de nombreuses évolutions dans les systèmes communautaires : système de vote pour qualifier le contenu (comme les services de partage de news ou de questions/réponses), système de following/connexions pour qualifier l’influence (comme les réseaux sociaux), etc. De fait, tous les contenus ou membres ne sont pas égaux, au contraire d’un forum de discussion.

Les forums justement, en offrant la même visibilité à tous (tri du contenu par date) et une grande richesse des relations (absence de formalisme) restent à mon avis l’outil le plus puissant pour construire une communauté sur le long terme. Nous ne sommes d’ailleurs pas seuls à vouloir dépoussiérer les forums : Jeff Atwood, un des co-fondateurs de StackOverflow, s’est lancé aussi sur le sujet en dressant un constat auquel j’adhère totalement.

Les passions ne manquent pas !Pour Wenuts, notre approche diffère par notre soucis de s’adresser aux communautés de passionnés. Nous travaillons sur une plate-forme de forum, non pas générique, mais facilitant les échanges et découvertes entre passionnés.

Nous avons beaucoup appris sur les passionnés avec Equideow, et souhaitons désormais offrir une belle expérience à n’importe quel passionné, qu’il s’agisse de voile, automobile, photographie, etc. Il suffit de rentrer dans un magasin de presse pour réaliser à quel point la liste est longue !

Nous sommes actuellement en phase de développement du produit, et je devrais avoir plus de nouvelles à donner dans quelques mois 🙂 D’ici là, si vous animez ou souhaitez animer une communauté de passionnés, n’hésitez pas à me contacter pour en discuter !

 

Cash-out de fondateurs

Si il y a bien un sujet qui semble provoquer des désaccords profonds entre fondateurs et investisseurs, c’est celui du « cash-out ».

Il peut s’agir pour les fondateurs, lors d’une levée de fonds, de céder une partie de leurs titres aux nouveaux investisseurs. Ou bien de verser des dividendes conséquentes lorsque la société devient profitable.

Le désaccord apparait donc quand les fondateurs, souvent partis de rien, commencent à vouloir matérialiser leur patrimoine. D’où vient la crispation ?

Pour le fondateur, qui a pris des risques et a le sentiment d’avoir tout donné, il y a la volonté naturelle d’assurer ses arrières et mettre à l’abri ses proches. Cumuler les risques professionnellement et personnellement peut devenir pesant à la longue.

Pour les investisseurs, qui cherchent la meilleure sortie à la plus forte valorisation, il y a la volonté d’avoir des fondateurs concentrés sur le business, qui « ont faim » et n’ont pas d’autres choix que de réussir.

Un fondateur qui commence à penser patrimoine personnel au point de se désengager en partie de sa société présente le risque de lever le pied, de commencer à « profiter de la vie » avec son argent. Le risque est réel. C’est d’autant plus gênant pour l’investisseur qu’un cash-out quelqu’il soit (cession de titres au lieu d’émission de nouveaux, dividendes) signifie moins de ressources pour le développement de l’entreprise.

Pour autant, de ce que j’ai pu vivre moi-même ou entendre, je trouve la position des investisseurs souvent exagérée lorsqu’ils refusent net tout cash-out. Je comprends leur position, mais elle a deux sérieux travers à mon sens.

On peut arriver à des situations absurdes où le fondateur a des complications financières à titre personnel, et perd du temps et de l’énergie pour des sommes ridicules eut égard à la valorisation de sa société. Tout le monde a intérêt que le fondateur arrive au boulot l’esprit libre de toute contrainte personnelle, et se concentre sur le business.

L’autre travers de fondateurs qui n’ont jamais fait de cash-out, c’est la tentation extrême de tout vendre dès que l’opportunité se présente. À vouloir des fondateurs qui « ont faim », les investisseurs prennent le risque de ne pas voir la participation valorisée au maximum de son potentiel…

Où est le juste milieu ? En réfléchissant au sujet, une idée est d’autoriser un cash-out permettant au fondateur d’être propriétaire de son appartement ou de sa maison, lorsque la société est devenue profitable, avec un volume d’activité qui atteint plusieurs millions d’euros et qu’un nouveau financement se prépare.

C’est un marqueur comme un autre, mais il a l’avantage d’apporter au fondateur de la sérénité et un peu d’aisance financière, n’ayant plus de loyers ou emprunt à payer. Pour l’investisseur, cela reste une somme raisonnable par rapport à la valorisation d’une société de ce type (si le fondateur est raisonnable sur son domicile bien sûr !).

Une chose est sûr, il est important de pouvoir avoir une discussion apaisée sur la question globale de la rémunération des fondateurs, dans l’intérêt de tous : que les fondateurs soient dans les meilleures conditions pour aller le plus loin possible. Pour certains, cela signifie être rassuré sur ses finances personnelles pour tout donner sur la société.

Le premier jour

Et voilà lNotre nouveau bureau :)a suite logique de mon précédent article « Le dernier jour » , après un peu plus de 6 mois de vacances.

Avec mon associé Vincent Guth, nous démarrons donc un nouveau projet entrepreneurial ! Alors en fait, notre société est déjà créée, et puis on travaille déjà un peu dessus depuis le début de l’année. Mais aujourd’hui, on vient de s’installer dans un nouveau bureau, donc c’est un peu l’ambiance du « premier jour » 🙂

Nous sommes installés à la pépinière de Gif-sur-Yvette, proche de là où nous habitons. Cela rappellera des souvenirs aux premiers employés d’Owlient puisque c’est là bas que nous avions débuté de 2005 à 2007. C’est un retour aux sources en quelques sortes !

Pour les plus curieux, notre projet n’a rien à voir avec le jeu vidéo. Par contre c’est très lié aux communautés de passionnés, ce qui ne surprendra pas ceux qui connaissent notre vision sur ce sujet depuis les débuts d’Owlient déjà 🙂

Blog d'Olivier Issaly & Thème basé sur Lovecraft